Il n’y a pas Internet au paradis – Gaëlle Pingault

Un premier roman courageux, qui traite de thèmes forts et douloureux mais parvient à rester sobre et lumineux. Beaucoup de pudeur et de retenue… alors l’émotion affleure, l’empathie submerge le lecteur. Mais laissons-leur la parole…

Il n y a pas internet au paradis 2

Alex a choisi de se suicider. Alex s’est immolé sur son lieu de travail, cette Grande Entreprise où l’odieux Boucher, son chef de service prédestiné à abattre par son patronyme, continue sa perverse mission d’exclusion. Alex s’est suicidé et Aliénor, sa femme, poursuit un dialogue qui, parce qu’il s’est irrémédiablement interrompu avec la mort de l’interlocuteur, prend la forme d’un monologue, d’un compte rendu du passage de l’état d’épouse heureuse à celui de résiliente en passant par les questions et tourments de la veuve mutilée de sa moitié d’âme. Colère, incompréhension, souvenirs, révolte, regrets, remords… se traduisent par les mots les plus directs, les plus simples, ceux que chacun-chacune pourrait formuler dans une telle situation, pour peu qu’une énergie vitale – de celles dont on ne sait d’où elle vient, ni comment elle agit souterrainement, ni si elle sera suffisante pour tenir debout « quand même » – continue d’irriguer le corps et la pensée. Aliénor nous donne finalement à lire, à voir toutes les étapes du long cheminement, de ce que l’on appelle – peut-être improprement – le « travail de deuil ». Avec la force que donne la certitude instinctive d’avoir été aimée, d’avoir été heureuse et de pouvoir l’être encore, elle préserve une part d’humour, de causticité et une intelligence des évènements qui la préservent du naufrage dans le chagrin et dans un pathos larmoyant. Elle apprend en quelque sorte à « vivre sans » et à « faire avec » ce manque inexorable. C’est cet apprentissage que raconte son récit en entremêlant très finement l’histoire personnelle au contexte social et économique brutal qui en bouleverse la trajectoire.
J’ai vraiment beaucoup aimé ce premier roman, par les thèmes qu’il brasse, par sa construction qui laisse la part au temps de l’implicite sans l’étirer inutilement, et par l‘écriture vive, sensible, dénuée d’affèteries de Gaëlle Pingault. L’amertume que cette lecture pourrait engendrer en décrivant de l’intérieur le désastre d’une société qui ne trouve de valeurs que dans la rentabilité financière s’estompe derrière le léger espoir qu’entretiennent les choix d’Aliénor. Les choix et la dignité de l’humain. – Merlieux Lenchanteur
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De Gaëlle Pingault j’avais lu « Bref, ils ont besoin d’un orthophoniste « dont j’avais apprécié la finesse et l’humour . Je retrouve sa façon de dire des événements graves sur un mode léger. Pas de cris, de fureur explosive, et pourtant il y aurait de quoi. Un livre tout en retenue pour relater l’humiliation, le harcèlement qui conduit à la destruction d’un homme et, par conséquence, d’un couple uni. Alex est informaticien, cadre, dans le Grand immeuble « siège social clinquant d’un important groupe industriel français. » Il a une compagne architecte , ils sont amoureux, vivent sans entraves, mais… Mais la tension monte à l’intérieur du beau bâtiment et empire avec l’arrivée d’un chef ambitieux, le « bourreau . » Aliénor est en « paralysie émotionnelle. » Tout au long du roman elle s’adresse à son homme et relate ses réactions de plus en plus amères à l’énoncé des informations diffusées par la radio. Le sujet est malheureusement d’actualité et les suicides en découlent. Plus qu’une dénonciation, c’est le drame humain, la douleur d’une jeune veuve trentenaire. Je partageais les sentiments d’Aliénor, je ressentais sa présence. C’est dire à quel point j’avais du mal à m’en séparer . J’aurais voulu garder le livre dans mes bras ! Il faut un sacré talent pour exprimer tous les sentiments. Un très grand coup de cœur !Mireille Lefustec
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Il y a plusieurs jours maintenant que j’ai fermé le premier roman de Gaëlle Pingault « Il n’y a pas internet au Paradis » et les mots sont toujours là, qui tournent en boucle.
Dire que j’ai aimé ce roman est trop faible. Il ne s’agit pas uniquement de sentiments, l’intérêt se trouve aussi ailleurs. Je l’ai lu autant avec mes tripes qu’avec ma tête. L’histoire d’Alex et d’Aliénor pourrait être celle de tout un chacun. C’est en effet celle d’un jeune couple auquel tout réussit : ils exercent un métier intéressant – un bon métier, comme on dit – ils s’aiment, envisagent d’avoir des enfants. En quelque sorte, ils mènent une vie normale, tranquille, heureuse. Mais… arrive, dans l’entreprise d’Alex, une machine à broyer l’humain sous le nom prédestiné de Boucher. Et tout va basculer, petit à petit, jusqu’à… l’immolation. Et Aliénor se raconte sous forme d’un dialogue qui va très rapidement se transformer en monologue.
Autant que du deuil, de la solitude, du chagrin lié au départ volontaire de l’autre, de la résilience et de la renaissance lente à la vie de celle qui reste, c’est du harcèlement au travail dont nous parle la romancière avec une grande finesse. Sa plume simple, alerte, dotée de quelques brins d’humour, les informations commentées en fin de chapitre par Alex, préservent le texte du pathos auquel nous aurions pu nous attendre.
Les interrogations sont nombreuses sur la mise en place de cette destruction massive d’employés. Le pourquoi, ça on le connaît, mais le comment ? Alors elle se pose des questions… « Je me suis souvent demandé, après coup, si cette angoisse préliminaire faisait partie de la stratégie. Faire circuler, avant l’arrivée du grand méchant, des rumeurs bien flippantes sur son compte était-il un moyen de préparer le terrain pour que les gens commencent à confire dans leur angoisse ? ». Le monde du travail, de plus en plus difficile, de plus en plus victime de la recherche de profit est ainsi décortiqué, page après page, avec objectivité. Et j’ai avancé dans ce roman, la peur au ventre. La descente aux enfers d’Alex, incapable de communiquer, même avec celle qu’il aime, tant il lui est difficile de reconnaître ce qu’il vit, de se voir humilié, piétiné est d’une grande violence. Pourtant, la touche de douceur toujours présente dans les mots de Gaëlle Pingault en rend la lecture supportable qui ouvre les yeux sur ce que vivent certains travailleurs.
« A quel moment précis commence le harcèlement, à quelle minute exacte se met en place la machine qui massacrera graduellement mais implacablement tous ceux qui se trouveront sur son chemin ?«  Grande énigme !
Magnifique récit, fort témoignage sur l’impossibilité d’aider l’autre, ce premier roman est de mon point de vue de grande qualité. Et n’allez surtout pas croire que mes origines bretonnes – oui, je suis une « payse » de l’auteure – y soient pour quelque chose. – Geneviève Munier
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C’est ce que j’appellerais un roman oral. Gaëlle Pingault écrit tout à la première personne. Tantôt elle semble parler à son mari qui vient de se suicider, tantôt c’est à nous qu’elle raconte son désarroi, sa colère, ses doutes, sa solitude , ses souvenirs et le lent chemin qui pourrait la ramener à la vie. Les phrases sont courtes, les mots justes.
Tout à fait dans l’air du temps ce premier roman. Justement ce matin, à la radio, on parlait du nombre croissant de policiers qui se sont suicidés depuis le début de l’année. J’ai aimé l’idée d’introduire l’actualité par des flashs radio. Tout était dit en peu de mots cependant j’ai trouvé les commentaires des protagonistes attendus et un peu lourds.
Ce couple de jeunes cadres, un peu bobo, sûrs d’eux après des études supérieures réussies, n’était pas préparé à la dure loi des grandes entreprises, surtout quand un « Killer » débarque pour supprimer le service. Incompréhensible ce suicide, le mal-être dans l’entreprise quel qu’il soit ne doit pas affecter à ce point. Et pourtant ils sont de plus en plus nombreux à passer à l’acte. Pourquoi ?
Un sujet intéressant pour ce premier roman qui a le mérite de soulever un problème sociétal mais qui pour moi reste superficiellement traité. Ces deux-là vivaient dans un monde bien bourgeois, bien douillet. – Françoise Floride
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C’est l’histoire banale d’un couple marié depuis 10 mois, avec des projets plein la tête, notamment celui de fonder une famille. Alex travaille dans une entreprise où son chef se croit tout permis avec ses collaborateurs. Là où cela devient moins banal, c’est qu’Alex ne supporte plus son chef et son travail et en arrive à un point de désespoir, où il se suicide, laissant sa femme Aliénor avec ses questions et sa culpabilité. Elle ne saura jamais et ne comprendra jamais pourquoi il fait fait ça. En ressassant encore et encore, elle apprend à vivre sans lui, petit à petit, malgré le vide, elle réapprend les gestes du quotidien. Elle part au combat contre le supérieur de son mari qui la fait taire d’une façon ignoble (que je ne révèlerais pas, laissant au lecteur découvrir la bassesse de certains humains).
C’est un livre tendre, triste, parfois drôle (j’ai souri à certains passages). Le deuil et le combat d’Aliénor sont magnifiques et montrent combien on peut être affecté par ce genre de décès. Un premier roman écrit avec des mots à la fois justes et cinglants qui m’ont beaucoup touché. J’ai refermé ce livre avec une grande émotion. – Nathalie Cez
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J’aime les livres «utiles» de ceux qui sauvent leur auteur (ou qui répondent à l’angoisse d’un(e) éventuel(le) lecteur –trice) et je suis convaincue que Gaëlle Pingault l’a écrit avec un sentiment d’urgence face à la cruauté du monde de l’entreprise qui broie, qui annihile tout espoir. Sujet ô combien délicat qui voit Aliénor Végant confrontée au suicide de son mari Alex lequel n’a pas supporté le harcèlement moral vécu au sein de la Grande Entreprise, sous la houlette d’un certain Mr. Boucher. C’est une confession personnelle, rédemptrice, arrimée à une force de caractère hors du commun qui permet d’appréhender tous les états psychiques inhérents à la perte, à l’abandon et au sentiment de responsabilité qui germe, s’insinue : à qui la faute? Une langue qui expie, qui soigne, qui vit, qui interroge, faite de mots simples, de pensées claires, narrant la vie d’avant ou celle d’après l’enterrement. Une lutte quotidienne pour ne pas sombrer et qui, à chaque fin de chapitre, nous plonge au cœur du désastre du monde sur lequel l’être aimé portait un regard sarcastique et plein d’humour avant d’abandonner la lutte, une bonne fois pour toutes. Aliénor s’en sortira au prix d’une résilience qu’elle appelle de ses vœux et qu’elle met en pratique jour après jour. On lui en veut juste un peu de ne pas toujours citer ses sources : ses livres lus, ses spectacles d’une beauté, d’une créativité folles qui l’ont sauvée et qui lui permettent de répéter à satiété que c’est la beauté de l’art qui sauve du désespoir et « sa » liste est longue.- Cécile Rol-Tanguy
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Livre réquisitoire d’une société où la beauté des sentiments au niveau privé se heurte au principe, devenu technique managériale, de la pression psychologique comme écrémage des salariés. Attention on n’est pas ici sur l’énième traité pseudo psycho / sociologique du seul harcèlement moral en milieu professionnel, ce premier roman est une approche et une chronique sensible d’une histoire de couple, dans ses fondations et ses développements avant la tragédie humaine qui bouscule les fondements de la narratrice.
Aliénor, la narratrice, dans un récit sans fioriture ni pathos excessif, revient sur la chronologie de son couple ; de la rencontre, à la naissance des sentiments qui la lie à Alex, aux premiers temps de ce couple de jeunes mariés, à une montée en puissance d’un constat relativement cynique d’une société où violences, incongruités, déshumanisations, excès productivistes et modernistes vont creuser le lit de la perte de repères de son compagnon et cela même alors que les projets d’avenir (vivre à la campagne, sans le diktat raisonnable du modernisme, un enfant ?) se multipliaient pour un couple à qui tout souriait. Cela d’autant plus qu’Alex va vivre une montée en puissance des vexations puis de la pression psychologique d’un nouveau petit chef au cœur de son service dans une grande entreprise (le lecteur ne manquera pas de faire des rapprochements avec l’actualité récente en France de gros groupes). Pour Aliénor, c’est là qu’interviennent alors les questions et doutes sur sa propre responsabilité réelle ou non ; qu’aurait- il ou elle faire pour se préserver, se soutenir et les limites de sa propre faiblesse et compréhension ? On aura beau partager ses questions avec la narratrice, un constat d’impuissance ne peut qu émerger.
Enfin comment faire son deuil, vivre après lui…. Aliénor peut-elle se retourner vers l’ex employeur de son mari, quelle attitude adopter face à la responsabilité accablante de ce groupe sans se perdre,…
A la fin de ce roman, le lecteur dispose de certaines clés mais reste surtout séduit par la qualité de ce premier roman. – Olivier Bihl
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J’ai lu ce livre au titre étrange « il n’y a pas internet au paradis » avec beaucoup d’émotion. La narratrice, Aliénor, nous parle au cœur et décrit avec délicatesse et émotion ce qu’elle vit et ce qu’elle doit ou peut faire pour faire face à cette tragédie personnelle qu’elle vient de subir. Jeune trentenaire, ordinaire, elle vient de perdre don mari Alex. Il vient de se suicider en jetant du toit de la grande entreprise dans lequel il travaillait. Cela faisait plusieurs mois que sa situation professionnelle, devenue insupportable après l’arrivée d’un nouveau chef, impactait leur vie personnelle. Que faire et pouvait elle faire quelque chose avant ce geste ? Un sujet de société et d’actualité et qui devient aussi un sujet pour le romanesque (l’année dernière, dans notre sélection j’avais lu aussi et apprécié la lecture de « Brillante » de Stéphanie Dupays) et j’ai vu aussi récemment « Corporate », film qui décrit sans concession ces méthodes néfastes de management violent.
Dans ce récit-roman, nous avons le point de vue de la femme qui a accompagné son mari mais n’a pas su comment affronter ces méthodes sournoises du monde du travail. Elle doit aussi affronter ensuite l’Entreprise qui essaie aussi de « se rattraper ». Pour justifier et éviter de faire face à un scandale public, combien sommes-nous prêts à recevoir en indemnités pour tourner la page. Sans pathos, ce texte nous interpelle et nous interroge sur notre rapport au monde du travail et surtout à son évolution actuelle et sur de nouvelles ou vieilles méthodes de management. D’une écriture directe, l’auteure nous entraîne dans la tête de cette jeune femme et nous interpelle. Un sujet difficile et délicat mai aussi le beau portrait d’une jeune femme et de son questionnement face aux changements sociétaux actuels. – Catherine Airaud
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D’emblée, dans ce livre, c’est la légèreté de l’écriture et son ton familier qui frappe et qui dérange, prenant le contrepied de la dure réalité des évènements ; ce style particulier abolit les distances, empêche même le lecteur de prendre du recul : qu’il le veuille ou non, il est en plein dedans et comme le héros défunt, il sent que « ça pue » …
Le dénouement est annoncé dès le premier chapitre : la fin sert de début et à partir de là, la trame narrative remonte le temps. le lecteur est embarqué dans la logique stérile du comment on en est arrivé là… Mais sans obtenir vraiment de réponse à ses interrogations dans « la nébuleuse complexe des statuts au sein de l’entreprise ».
Les chronologies s’entremêlent entre l’après, quand il faut gérer le deuil, le ressentiment, le pourquoi et le pendant, c’est-à-dire la descente aux enfers qui, au final, aura duré dix-huit mois. Des flashs d’actualité, en italique, ponctuent le récit, miroirs d’une société qui va mal face à ce couple qui a « de moins en moins le sentiment d’être en phase » avec elle mais qui allait bien avant que tout bascule…
La narration est à la première personne et c’est la veuve qui parle, qui raconte, qui cherche à comprendre ce qu’elle n’a pas vu arriver. Elle ne s’adresse pas aux lecteurs, mais à l’absent : « c’est fou ce que l’absence est imaginative, multiforme, transformiste. Toujours différente mais toujours présente ». Son JE cherche un TU… dans le vide de la solitude et des questionnements. Mais comme le TU n’est plus là, il n’y a que MOI et NOUS, les lecteurs, prisonniers du livre, victimes comme Alex, complices comme M. Boucher et cherchant des réponses comme Aliénor, la narratrice.
Ce prénom n’a sans doute pas été choisi par hasard : c’est celui d’une grande reine des XIIème et XIIIème siècles, une femme d’exception, au caractère particulièrement bien trempé et à la rancune tenace. L’héroïne du roman de Gaëlle Pingault démontre une certaine force, une grande capacité de résilience ; c’est la beauté de l’art, sous toute ses formes y compris littéraire, qui la sauve du désespoir, au gré de récurrences qu’elle souligne elle-même. Elle livre une belle leçon de vie, au-delà du chagrin impuissant, de la colère légitime et du mépris profond pour certaines façons d’agir.
J’avoue avoir eu un peu de mal avec le ton trop direct, trop rentre-dedans adopté par Gaëlle Pingault dans son roman, mais cela ne m’a dérangée qu’au tout début de la lecture ; ensuite, je suis entrée dans ce monologue, j’en ai apprécié les formules anaphoriques et épiphoriques, les répétitions, les bons mots, l’humour caustique, la terrible lucidité.
On mesure la réussite d’un livre à la manière dont son auteure embarque le lecteur, malgré lui, et c’est ce qui s’est passé pour moi : pour de multiples raisons, je ne voulais pas y aller, mais j’y suis allée quand même et je ne le regrette pas. – Aline Raynaud
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