Neverland – Timothée de Fombelle

Quand un auteur jeunesse se lance dans le roman « adulte » il n’en délaisse pas pour autant le territoire de l’enfance… Source des rêves inavoués, secrets et des espoirs qui forgent peu à peu une personnalité. Mais tous les lecteurs sont-ils sensibles à ce voyage ?

Neverland

Pour le lecteur, c’est une petite douceur sans mièvrerie, un sucre d’orge au puissant pouvoir d’évocation, dont le parfum délicieux nous emmène sur le chemin de notre propre enfance. Le narrateur est arrivé au milieu de sa vie, semblable à « une plaine asséchée », « aucune trace de l’enfance nulle part », mais il garde le souvenir d’un monde extraordinaire, de forêts et de ruisseaux, de vacances heureuses, de grands-parents protecteurs, où le temps s’écoule sans façon. Ce roman est une quête, l’homme se fait archéologue, l’explorateur d’un univers qui existe peut-être encore, mais où ? Il part, équipé de sarbacanes, de potions, de casiers, de filets, avec un petit cheval assez rapide, il cherche à saisir l’insaisissable, l’enfant du passé mais aussi l’instant douloureux et stupéfiant où il a entrevu qu’un autre monde existait, celui de l’âge adulte. Il sait la chance qu’il a eu, il a vécu une enfance sans brutalité, sans violence, mais non sans peurs, non sans douleurs, non sans tristesses. Quoi de plus sérieux que les jeux de l’enfance ? L’écrivain se fait jongleur de mots, un illusionniste qui nous donne à voir l’invisible. Il croise bien des fantômes.
Avec tendresse, mélancolie, dans des mises en abyme vertigineuses, par une alternance de légèreté et de gravité, l’homme regarde les traces de l’enfant qu’il était, et qui, espère t il, est encore vivant quelque part. Petit à petit l’homme se délestera de tout son attirail, son cheval disparaitra et alors …
Un roman plein de poésie, que j’ai lu avec gourmandise.Adèle Binks
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Il y a des livres que l’on lit le sourire aux lèvres, que l’on pose de temps à autre en fermant les yeux. Pour mieux les savourer et mieux s’imprégner des mots de l’auteur. Neverland est de ces livres là assurément. Objet littéraire inclassable, ni tout à fait roman ni vraiment récit, Neverland nous entraîne vers les territoires intimes de l’Enfance. Lire Neverland c’est se remémorer notre terreau, se souvenir des maisons de famille et des lieux de vacances aimés. C’est se rappeler ceux qui nous ont vu naître et qui ne sont plus là, c’est aussi les lier nos souvenirs à des empreintes faites des cinq sens, ces sens qui nous modèlent, découverts petit, à hauteur d’enfant, ces sens qui nous surprennent, et qui nous font replonger, adultes, l’espace d’un instant dans l’enfance heureuse et légère. L’enfance de Timothée de Fombelle l’a été assurément tant les émotions qu’il décrit avec finesse et bonheur sont empreintes de la douceur propre à ce temps de la vie. Timothée de Fombelle partage avec son lecteur ces moments délicieux et aussi ce jour où soudain l’on découvre que l’on n’est plus tout à fait un enfant. Ce jour-là, on s’étonne de trouver le rocher de la plage plus petit que le dernier été – « c’est toi qui grandis « – Ce jour-là, son grand-père si érudit qui connaît tout Cyrano ne peut plus écrire un compliment pour son ami Coco et demande en catimini à son petit-fils de l écrire pour lui. C’est le jour où l’enfance est révolue, le jour où ses croyances sont révélées. Lire Neverland c’est effectivement se souvenir de ce doux pays de l’enfance, celui qui nous a tous construit. – Sonia Châtain
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Neverland, le Pays des Enfants Perdus… c’est donc sous le signe de Peter Pan que se situe le roman de Timothée de Fombelle. L’imaginaire y règne en maître et trace une carte toute personnelle pour retrouver le chemin qui mène à l’enfance. Chaque adulte garde en soi l’enfant qu’il a été et qu’il est toujours. Un enfant perdu, en quelque sorte, que le narrateur tente de faire renaître des plis de sa mémoire. Muni des auxiliaires qu’offre l’univers merveilleux des contes enfantins, il commence sa quête par la recherche d’un sonnet qu’il a écrit à la demande de son grand-père, au moment où lui-même était peu à peu abandonné par sa mémoire. Est-ce là le pivot entre enfance et âge adulte ? Le moment où la conscience s’éveille à l’inexorabilité de grandir ? Ou bien faut-il chercher ailleurs ? Le passage se fait-il de manière progressive ou brutale ? Dans quels creux, dans quelles absences, l’enfant qui fut s’est-il réfugié ?
Tout en sensations et en impressions, le récit métaphorique mêle souvenirs, forcément reconstruits, et chimères issues des rêveries de l’enfant enfoui, enfui. Il en naît l’image d’une enfance fantasmée, idéalisée, une enfance dépouillée de ses terreurs et de ses noirceurs barbares. C’est joli et charmant et l’on aimerait que ce soit le lot de tous que de posséder de tels souvenirs lumineux…
On comprendra que je sois restée à la frange du texte, relativement insensible à ses qualités, indéniables pourtant. J’ai lu ce roman comme l’on feuillette un beau livre d’images, dont on sait qu’elles n’ont que peu à nous dire hormis leur beauté justement. Trop éloigné des tiraillements et déchirements, des remous troubles et mortifères qui sont – aussi – la marque de l’enfance. Peter Pan n’est pas un gentil p’tit gars sauf à le figurer d’une manière très réductrice ! Et si nombre d’adultes renient les enfants qu’ils ont été, c’est peut-être aussi parce que ceux-ci demeurent leur part obscure. Des nuances que ce roman n’évoque pas, le choix du point de vue étant infailliblement positif et trop généralisant. Un choix certes légitime mais qui m’a empêché d’adhérer au sujet. – Merlieux Lenchanteur
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Une petite pépite.
Je n’aime pas les contes. J’aime les histoires bien ancrées dans la réel. Ici, cette recherche de l’enfant que chacun d’entre nous était et que l’on garde caché très profondément en soi, en est tout le contraire. On est dans l’imaginaire pur. Timothée de Fombelle voyage dans sa mémoire pour remonter sur les traces de son enfance et retrouver le petit garçon qu’il était. Ses mots qui parlent à tout le monde m’ont émue et ont fait resurgir chez moi aussi des souvenirs d’enfance.
Il y a de la magie dans ce « Neverland » où la petite musique des mots de Timothée de Fombelle nous entraîne dans son voyage secret. Et même si je n’ai pas tout compris j’ai adhéré complètement à ce récit. Je vais le relire. – Françoise Floride
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Dès les premières pages, j’ai été happée par l’écriture et la poésie de Timothée de Fombelle, la tendresse, la mélancolie, la nostalgie qui se dégagent de ses mots. Il m’a transportée dans son enfance, m’a révélé la part d’enfance qui reste en lui, mais aussi en moi, en nous. Je n’ai pas lâché cette œuvre courte mais si juste. C’est une petite douceur, un bonbon, une délicieuse madeleine de Proust. – Anne-Christine Busnel
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Fermer les yeux, prendre une inspiration suivie d’une expiration très longue, isoler son esprit des parasites sonores et visuels qui nous entourent, et se laisser plonger dans cette allégorie de l’enfance. Voilà, vous y êtes, prêt à vous immerger dans un bain voluptueux empli des souvenirs d’une époque où l’insouciance est reine. Une époque où vos rêves pouvaient vous faire transcender toutes les barrières afin de vivre dans votre imaginaire, des instants magiques et sublimer vos sensations qui resteront gravées à jamais dans votre esprit. Beauté paradoxale de cette enfance que l’on rêve de quitter le plus vite possible pour devenir un grand, et que l’on regrette avec nostalgie, une fois entré dans le monde des adultes. Qui n’a jamais souhaité à un moment ou à un autre de sa vie, redevenir cet enfant insouciant que nous étions, libéré des contraintes des adultes, libre de laisser notre imagination nous envahir et notre spontanéité éclater ? Qui n’a jamais voulu à un instant donné, se lover dans ce rôle confortable de l’enfant que nous ne sommes plus, afin d’échapper à l’instant présent parfois devenu difficile à supporter ? Je connaissais de nom Timothée de Fombelle pour ses livres pour adolescent, et notamment pour « Le Livre de Perle ». C’est le premier roman que je lis de cet auteur, et je le découvre dans ce beau récit poétique qui inscrit ses impressions, ses souvenirs sur son enfance et la perception de son ressenti sur son passage vers le monde des adultes, où du moins sur la perte de son enfance. Inventaire des bonheurs, des chagrins, des espoirs, des lieux, des émotions, des envies, de regrets sur la scène du théâtre de la vie. Le fil de ce récit peut surprendre dans un premier temps, et nous perdre, de par son écriture parsemée de multiples métaphores. Il faut lire ce roman dans un état second, détaché du réel afin de pouvoir faire revire l’enfant qui est en nous, et qui, au final, le restera à jamais : « L’enfance n’habite pas la mémoire. Elle habite notre chair et nos os ». Encore une bien belle découverte grâce aux 68premièresfois. – Katie
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Neverland raconte la quête de l’auteur pour retrouver son enfance. L’écriture est belle, les images poétiques mais je n’ai pas réussi à être embarquée dans cette aventure. J’ai eu l’impression de survoler le texte et les souvenirs de l’auteur et mais sans jamais réellement m’associer à ce voyage. Pourtant le sujet est intéressant et l’approche de l’auteur d’un voyage à la fois réel et imaginaire vers les souvenirs de son enfance est originale mais j’ai trouvé le récit confus, surfant trop vite sur le passé et les émotions de l’auteur, sans jamais les approfondir. Dommage… – Nathalie Ghinsberg
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Au départ, il m’agace un peu ce fils de petit-bourgeois à particule, avec son appartement dans les quartiers chics de Paris – avenue Mozart – et la grande maison familiale en bord de mer, pas très loin du domicile puisqu’on y laisse le congélateur en marche. Il joue au tennis, marche dans les vagues à dos de cheval, repu de l’amour de sa famille. Mais quand son grand-père, un peu défaillant côté mémoire et écriture, lui demande d’écrire un texte à l’intention d’un vieil ami dont on va fêter les quatre-vingts ans, notre grand garçon a comme un déclic : il veut retrouver l’enfance, le petit garçon qu’il a été et écrire un sonnet pour son grand-père. Alors, il plonge dans ses souvenirs, aidé en cela par une visite à la maison de ses grands-parents, une visite aux souvenirs oubliés mais encore à fleur de mémoire. Et sa quête nous concerne, nous aussi héritiers d’un enfant réfugié dans notre mémoire, nous aussi nostalgiques de cette époque insouciante, riche de tous les possibles. Pourtant, le thème est assez banal, les souvenirs un peu stéréotypés, entre cabanes dans les arbres et jeux sur la plage. La comtesse de Ségur n’est pas loin…Mais ce qui séduit et finit par nous attraper le cœur, c’est la délicatesse des évocations, la richesse de l’imagination de l’enfant et la finesse de la langue. L’auteur est surtout connu pour ses livres pour la jeunesse mais il signe ici un premier roman attachant, même si, il faut l’admettre, à aucun moment je ne me suis sentie en harmonie avec les souvenirs du narrateur. Trop éloignés des miens sans doute. Une exception à cela : les jours de maladie où l’on reste, à dix-douze ans, seul dans l’appartement, avec plein d’idées ! – Evelyne Grandigneaux
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J’étais sûre d’aimer ce livre, tant je suis sensible aux souvenirs d’enfance que ce soient les miens ou ceux des écrivains. J’y trouve en général, une phrase, un mot, une sensation qui me renvoie à l’âge de mes jeux, de mes rires, de mon insouciance. En ouvrant le livre de Timothée de Fombelle, j’étais dans cette attente et j’ai du mal à exprimer ma déception car je ne sais pas vraiment pourquoi ce texte m’a laissée indifférente. Malgré une écriture élégante parfois teintée de poésie, les mots ne m’ont pas touchée. J’ai eu l’impression que l’auteur évoquait des souvenirs sans vraiment avoir envie de les partager avec son lecteur. – Isabelle Purally

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Dans Neverland de Thimothée de Fombelle, le narrateur part à la recherche d’un pays imaginaire, celui de l’enfance. C’est une véritable expédition, une chasse, avec ses préparatifs matériels et psychologiques. Ce récit de « voyage illuminé » à la première personne est rempli de figures métaphoriques empruntées à la nature et au monde animal ; tout y devient symbolique et porteur de sens. Cette aventure se fait exploration, effraction aussi parfois.
L’enfance n’est plus seulement cette période de la vie de tout un chacun qui va de la naissance à la préadolescence, mais elle devient un lieu, un territoire qui possède sa géographie, sa météo, ses saisons et ses paysages qui se confondent avec les souvenirs ; c’est aussi un monde plus ou moins dangereux selon les époques et les circonstances. le vocabulaire employé devient celui de la fantasy médiévale avec ses châteaux-forts, ses cavalcades et ses armes blanches.
La temporalité s’efface au profit d’un « instant suspendu » qui embrasse à la fois tout le pays imaginaire et chacun de ses détails. La trame narrative devient onirique, place le lecteur en apesanteur. Les âges extrêmes de la vie, enfance et vieillesse, se rencontrent et se rejoignent à la lisière de neverland…
Parfois, le récit se raccorde à la vraie vie, aux grands-parents, aux vacances, aux trajets en voiture, aux jeux avec les parents et la fratrie, aux pique-niques, aux bonnes recettes de familles, aux petits trésors au fond des tiroirs, aux terreurs nocturnes, aux peurs de l’abandon, au désordre d’une chambre, aux maladies et bobos divers, à tous les souvenirs, même les plus terrifiants… En grandissant, l’enfant découvre aussi l’ennui, les temps morts, le monde des adultes, la mort de gens qu’il connaissait… Il prend conscience de l’éveil de son corps. Plus tard encore, l’adulte qu’il est devenu plonge dans la poussière des mémoires familiales et tente de dérouler l’écheveau du passé.

Il faut entrer dans ce livre sans a priori, accepter de passer par l’imaginaire avant le réel, par l’interprétation avant les évènements ou les faits avérés, se laisser porter, emporter, s’arrêter si nécessaire, revenir en arrière si besoin, terminer sa lecture et pourquoi pas la recommencer. Le chapitrage court permet toutes les pauses possibles, toutes les directions envisageables. Avec Thimothée de Fombelle, chaque lecteur part à la recherche de l’enfant qu’il a été et le retrouve, sans doute : le livre semble écrit pour ça…
Et pourtant, je m’interroge en refermant Neverland… Alors, je le reprends et je le relis pour saisir son ossature ; mais ce livre est inclassable, hors-norme… L’écriture est fluide et poétique, comme à main levée ; c’est possible avec un peu de sensibilité et de talent, trop facile peut-être, pas assez maitrisé… C’est doux et agréable, rugueux et vif, mignon et écorché, comme l’enfance. – Aline Raynaud

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Lire également les billets des lecteurs blogueurs : le grand boum de Sabine, « un magnifique roman sur l’enfance » pour PatiVore, « un plaisir de lecture énorme » pour Bénédicte, « Un monde magique » pour Henri-Charles, « un instant suspendu dans ce monde de brutes » pour Framboise, « Le remède parfait à l’hiver qui s’installe » pour Sara,

 

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