Le courage qu’il faut aux rivières – Emmanuelle Favier

Envoûtant, troublant, courageux… le premier roman d’Emmanuelle Favier se joue de l’espace et du temps pour mieux toucher à l’universel, empruntant aux contes et légendes pour mieux dessiner le réel. Un parti-pris risqué, osé et des lecteurs souvent conquis et parfois déroutés.

Le courage qu il faut aux rivieres

Lorsque je débute la lecture d’un roman, j’attache d’abord beaucoup d’importance au livre en lui-même : la couverture, le titre ainsi que la quatrième de couverture. Ici, le titre est quelque peu énigmatique « Le courage qu’il faut aux rivières ». Il donne envie d’en savoir plus. La photo en noir et blanc sur la couverture plante légèrement le décor : des arbres, de la neige, un lynx. La quatrième de couverture nous en dit un peu plus sur le sujet : une histoire autour des vierges jurées et du droit coutumier dans les Balkans. Un sujet pour moi tout à fait inconnu qui a attisé ma curiosité. La première impression était donc plutôt bonne! Et la suite également! J’ai beaucoup aimé ce roman. Je me suis laissée plonger dans cette histoire et ses secrets. Ayant refusé un mariage forcé, Manushe a totalement renoncé à sa condition de femme. Elle est ce que l’on appelle dans les Balkans une vierge jurée. Elle vit seule dans son village. Seule. Tranquille. Respectée. En homme. Jusqu’à l’arrivée, un matin, du mystérieux et fascinant Adrian qui va tout bouleverser. Je ne veux surtout pas en dire plus et j’invite chacun à s’y plonger. Quand l’histoire débute, on est dans le flou total. On ne sait pas où l’on est, ni à quelle époque mais l’atmosphère fait qu’instantanément les images montent à la tête. On est complètement dans le paysage. On ressent sa beauté malgré sa dureté et sa violence. Et au fil des pages, on comprend tout doucement, progressivement. Rien n’est dit clairement, tout est évoqué. C’est aussi ce qui fait le charme de ce roman, de cette écriture, dense, riche, poétique et qui s’enrichit au fil des pages. Un peu à la manière d’un conte pour adultes avec son univers hostile, sa dureté, la violence de ses personnages mais où malgré tout l’amour est là et pourrait en sortir vainqueur. N’est ce pas aussi l’explication de son titre? « Le courage qu’il faut aux rivières » est un roman surprenant, qui nous évade complètement de notre réalité. C’est aussi ça la lecture! Un roman qui chez moi laissera une trace! Alors n’hésitez pas, allez y! – Claude-Emmanuelle Mentec

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Du courage, il en faut aux rivières pour couler, avancer, coûte que coûte, dans des paysages parfois accidentés, sous des climats quelquefois rudes. Du courage, il en faut à Adrian et Manushe pour exister, pour acquérir leur liberté de choisir leur vie. Il en faut à Dirina pour aller vers le mystère de ses origines. Ce roman est raconté comme un conte un peu fantastique, alors qu’il repose sur des faits sociaux avérés : les vierges sous serment d’Albanie, la difficile place des femmes dans une société traditionnelle patriarcale. Du conte, il en a les ellipses narratives. L’auteur fait avancer l’histoire par à-coups, en une suite d’instants de vie. Il en a aussi les images magnifiques, symboliques, poétiques. Cependant le style qui n’est pas toujours fluide, le vocabulaire qui est parfois précieux à force de vouloir être précis nuisent à une empathie pour les personnages. D’autre part, l’inégalité de traitement de ces personnages est frustrante. L’histoire commence avec le point de vue de Manushe, cette femme qui renonce à sa féminité pour acquérir les avantages liés à la masculinité. Elle intrigue, intéresse, provoque la sympathie et… disparaît presque pour laisser la place à Adrian qui deviendra à son tour le personnage principal. Et puis Dirina apparaît à peine esquissée, j’aurais aimé mieux la connaître. Quant à l’intrigue, elle est bien menée, elle nous tient en haleine, et le livre refermé, cet univers reste en nous. Ce roman est surtout un roman sur l’identité sexuelle, identité empêchée, renoncée, subie avant d’être enfin choisie et assumée. Ce sujet est probablement un des points forts du livre. Le cheminement des personnages est décrit avec délicatesse et leurs doutes et certitudes avec précision.Un premier roman qui m’a parfois envoûtée, dont les personnages m’ont séduite, même si j’aurais aimé m’y attacher davantage. Je le recommande pour son univers dépaysant, pour son intrigue prenante, pour ses personnages puissants. – Enell Liraconteuse.

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Ce roman a pour premier atout de nous faire découvrir un phénomène peu connu (tout du moins pas connu de moi) qui a lieu dans les Balkans, essentiellement en Albanie depuis le XVème siècle : « les vierges sous serment ». Comme l’explique l’auteure à la fin de son récit, très bien documenté, elle s’est intéressée à ce « code » ancestral non pour en rédiger un documentaire mais bien pour s’en inspirer et écrire un roman. Impossible de ne pas relever le courage de ces femmes ; et celui d’Emmanuelle Favier de raconter sans juger, avec l’intelligence d’éveiller les questions, une « coutume » à la fois lointaine et contemporaine, très étrangère à notre monde mais si actuelle quand à la question de la femme et de la sexualité. Ainsi déjà et encore il fallait se muer en homme pour gagner un accès à des droits, à une liberté mais dans l’entrave de son identité et de son désir. En cela ce roman est moderne.
Malheureusement malgré le sujet inédit, la matière d’emblée dramatique de cette tradition dont se nourrit cette fiction, il m’a été difficile de me laisser porter et par l’histoire et par les mots. Le rythme au début est rapide, voire empressé et nous n’avons pas le temps de faire connaissance avec les personnages. Il y a un débit de mots et de phrases, foisonnantes et construites, qui m’a donné le sentiment embarrassant d’une introduction expédiée : la rencontre avec Manushé est survolée et devient prétexte narratif pour dérouler un peu plus lentement l’histoire d’Adrian. Nos deux personnages principaux ne sont pas logés à la même enseigne malgré un parallèle dans leur féminité dissimulée et contrainte ; et leur relation alors même qu’elle est empreinte d’élans vitaux et essentiels m’a paru parfois survolée, voire bâclée. J’ai trouvé le style compliqué, bien écrit mais non fluide comme une volonté de trop : trop détailler, décrire, trop camper un décor, une ambiance au risque de léser une trame narrative, laquelle par conséquent est plus fragile, souffre d’accélérations, de précipitations, d’apparitions désordonnées. Comme si l’auteure avait voulu prouver la véracité, la rigueur de ses recherches. Ainsi l’écriture fouillée devient parfois poussive, et trop démonstrative même s’il faut lui reconnaître des vrais éclats de justesse et un vocabulaire riche. Selon moi l’histoire pâtit de ce « trop bien faire » scolaire alors même que son scénario est réellement original, fort, à même de susciter beaucoup d’émotions et avec des caractères féminins puissants. Ainsi dans la profusion d’images, l’histoire est hâtée, pressée, les ressorts narratifs brusqués et donc le récit et ses messages un peu parasités. Je n’étais pas au rendez-vous mais ne suis pas restée insensible à la densité de la plumeKarine Le Nagard
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Dans un village des Balkans vit Manusche. Elle est devenue ce qu’on appelle une « vierge jurée ». Manushe a renoncé à sa condition de femme et en contrepartie vit comme un homme. Elle coule des jours paisibles quand débarque dans son village Adrian. Adrian est beau et mystérieux et Manushe va être irrésistiblement attirée vers lui. D’où vient Adrian ? Que vient il chercher dans ce village ? C’est ce que nous, lecteurs, découvrons au fil des pages. Le courage qu’il faut aux rivières est un roman ambitieux porté par une écriture extrêmement précise, riche, et qui donne à l’ensemble un caractère presque lyrique. Roman abordé pour ma part difficilement, je me suis laissée peu à peu gagner par l’aspect envoûtant de l’histoire. La beauté de la langue exigeante si bien travaillée par l’auteur a fini de me faire aimer ce livre. On suit Manushe d’abord. Découvrir son statut de « vierge jurée » , statut totalement inconnu pour moi, fut une vraie première curiosité. Puis l’intérêt croissant envers Adrian nous porte vers ce personnage torturé, blessé et secret et fait véritablement entrer dans l’histoire portée par Emmanuelle Favier. Le courage qu’il faut aux rivières est un roman qui demande, à mon sens, un effort de lecture au tout début mais qui est largement récompensé ensuite. Après avoir été baigné dans la violence des sentiments et des actes, la fin du livre est de toute beauté, et laisse poindre l’espérance d’un monde peut être plus tolérant.- Sonia Châtain
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Ce roman porte en filigrane les codes traditionnels encore en vigueur dans certaines régions de l’Europe balkanique, Albanie et Kosovo surtout ; ces Kanun, liés aux traditions, sont une sorte de droit coutumier pour les tribus qui remonterait au XVème siècle.
Dans les Balkans, en Albanie notamment, les vierges jurées sont des femmes qui, socialement, deviennent des hommes ; tenues en haute estime, elles ont alors accès aux prérogatives masculines comme fumer, boire de l’alcool, mener les troupeaux, utiliser les fusils et négocier les conflits familiaux. En contrepartie, elles sont soumises à l’obligation de chasteté. Quand des familles n’ont pas assez d’hommes pour s’occuper des tâches qui leur sont normalement dévolues, des femmes peuvent alors assumer des fonctions masculines.
C’est toute la construction du genre qui est ainsi questionnée par Emmanuelle Favier ; pour reprendre une citation de Tahar Ben Jelloun citée en épigraphe de la troisième partie, « être femme est une infirmité naturelle […], être homme est une illusion et une violence […], être tout simplement est un défi ».
L’auteure nous livre dans son livre trois magnifiques portraits majeurs de femmes : la vierge jurée, la fille reniée et transformée, la fille née du viol de sa mère… Ces femmes vont en croiser d’autres, plus rapidement esquissées mais tout aussi superbement évoquées : prostituées, femme en mal d’enfant, épouses et mères… les destins vont se croiser, se séparer, se retrouver.
Faces à elles, le monde des hommes est bien sombre : ivrognes et chasseurs brutaux, pères autoritaires, proxénètes sans scrupules…, société masculine fortes de traditions et d’impunités. Quelques personnages cependant forcent l’admiration et le respect : un déménageur poète, un adolescent rêveur et aventureux, un chef de village ouvert à la culpabilité… Dans ce roman, Emmanuelle Favier jongle donc entre archaïsme et monde contemporain, baladant le lecteur dans un entre-deux à la fois très concret et très poétique. L’écriture est belle, la langue est soutenue, le vocabulaire recherché… Ceux qui, comme moi, sont sensibles à « comment c’est écrit » seront comblés.
Le nœud thématique et métaphorique des rivières m’a touchée, ces « rivières qui pour former l’étendue [continuent] de braver la roche, le gel et la sècheresse », ces rivières dont les femmes partagent le courage, rivières allégoriques de sang et de lait mêlées… J’y ai lu un rappel du mythe d’Ophélie, fantasme féminin lié à la nature, à la virginité et à sa perte, victime sacrifiée et sanctifiée, femme au statut ambigu qui ne peut pas être mère… Je ne peux pas aller trop loin dans cette analyse pour ne pas risquer de divulguer trop avant dans la trame narrative mais il y a vraiment quelque chose à creuser dans la façon originale dont Emmanuelle Favier s’approprie et reprend ce mythe littéraire, dans une notion d’universalité et d’éternité, dans une temporalité floue, à la fois proche de nous et suffisamment imprécise pour faire autorité. Pour moi, ce roman est un coup de cœur, un de ces livres qui me font dire « merci » quand je le referme. Merci Emmanuelle Favier. – Aline Raynaud

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« Le courage qu’il faut aux rivières » est le roman le plus onirique et le plus singulier de cette rentrée littéraire, un coup de cœur absolu et inconditionnel, alors que pour être tout à fait honnête, la présentation de l’éditeur à sa parution m’avait laissée plus que de marbre.
Effectivement ce roman s’inspire de la tradition des vierges jurées – appelées aussi vierges sous serment – en Albanie, mais cela ne lui confère ne rien un aspect documentaire comme le précise d’ailleurs l’auteur dans sa postface ; et si ce rituel constitue le noeud gordien du récit, le thème central est bien celui de la rencontre improbable de deux femmes, Manushe et Adrian, guerrières amazones aux destinées contrariées qui vont renaître à la vie, tel le phénix qui renaît de ses cendres.
Dans une nature hostile omniprésente qui semble à jamais drapée dans un lourd manteau hivernal, correspondance parfaite avec l’apparente impassibilité des héroïnes dont les sentiments sont dissimulés sous d’épaisses couches de vêtements ; le feu couve sous la glace, et l’écriture envoûtante d’Emmanuelle Favier nous entraîne dans les méandres de ces deux âmes solitaires qui abritent de déchirants secrets de famille.
Un coin du voile est désormais levé, à chacun maintenant de se saisir de ce diamant brut qui m’a littéralement enthousiasmé…  – Catherine Pautigny
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Les traditions ancestrales qui gèrent son village des Balkans, ont amené Manushe à se libérer de ce carcan, se condamnant ainsi à devoir vivre seule le reste de sa vie tout en conservant sa place dans le village. Respectée par ses pairs, en tant que vierge jurée (jeune fille ayant acceptée de rester vierge, statut lui permettant de pouvoir évoluer dans son village comme un homme), elle est donc contrainte à une vie solitaire. L’arrivée d’un étranger accueilli selon les lois de l’hospitalité, vont mettre à mal les équilibres des uns et des autres. Bien qu’attachants à plusieurs égards, les personnages de ce roman, pas plus que le récit, n’ont su capter mon attention. L’arrivée de trop de personnages intermédiaires ont noyé l’histoire, enfermant les deux personnages principaux. Le thème principal des vierges jurées annoncé et abordé par l’auteur, a été en fait relégué au dernier plan, mettant en exergue Adrian, dont la vie et le passé nous relatent un autre problème identitaire. Les deux sujets se sont esquivés mutuellement, enlevant ce qui aurait pu être l’essence même de ce livre. Écrasée par des métaphores qui enlèvent la spontanéité du récit, l’écriture m’a perdue : j’ai dû à plusieurs reprises reprendre quelques paragraphes en amont afin d’arriver à me situer dans l’histoire – que j’ai d’ailleurs failli abandonner en cours de route. Dommage, car le second sujet était plutôt intéressant, le premier m’apparaissant comme le point d’entrée à l’intrigue – Katie

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Un véritable coup de cœur pour une histoire poignante, hors-norme et atypique. Le combat singulier mené par Manushe, ayant abandonné, par obligation, sa condition féminine, (jusqu’à sa poitrine qu’elle masque et écrase sous une bande de tissu) afin de vivre comme un homme. Reconnue par ses semblables, comme tel, ses sentiments féminins, jusqu’alors refoulés, vont s’éveiller par sa rencontre avec Adrian, nouveau venu dans son village.
Ce premier roman s’appuie sur un phénomène peu connu, à savoir les « Vierges Jurées », des femmes albanaises faisant le serment de vivre en tant qu’homme, reniant ainsi leur genre féminin. Si cette histoire a pour fondement un fait de société bien réel et abonde de détails démontrant une grande documentation de la part de l’auteure, celle-ci explique à la fin du livre, sa démarche afin que son roman reste avant tout une fiction. Ainsi la quête d’identité de ces femmes est au centre de cette histoire se déroulant à une époque plus ou moins proche de la notre. Jusqu’à quel point peut-on bannir notre identité réelle et ce qui nous anime profondément ? La première partie du roman semble se dérouler dans un lieu quasi hors du temps: un pays froid, un village perdu dans les montagnes, où la vie est rude. En dehors de la présence d’une voiture et d’un sofa, le récit est presque intemporel. L’ambiance décrite par Emmanuelle Favier y est froide et austère, de part le climat mais aussi par la rudesse des habitants et de leurs traditions. La deuxième partie du roman, dont le rythme est plus soutenu, aborde la vie d’Adrian. Le récit nous conduit dans un univers plus moderne mais tout aussi dangereux et violent, sublimé par les rencontres et les luttes de plusieurs vies fuyant leur condition.
Si le masculin semble dominer l’univers des personnages et l’œuvre toute entière, le féminin imprègne l’histoire du début à la fin car ce sont des destins de femmes qui se font et se défont, sous la violence ou l’affection des hommes mais également de leurs semblables. Plusieurs femmes vont ainsi se croiser, se côtoyer, s’aimer, se perdre. Leurs combats les mèneront vers la liberté d’être enfin celles qu’elles auront choisi. Les paysages sauvages et l’écriture juste, rude et parfois mystique donnent à ce premier roman un côté sacré. On pense alors au Féminin Sacré, écrasé depuis la nuit des temps, comme celles que l’on nommait sorcières et que l’on brûlait vives pour avoir été simplement au plus proches de leurs intuitions, sensualité et émotions.
Ce premier roman donne toutes les promesses d’un voyage dans des paysages hostiles et sauvages, au travers de destins fêlés et de leur revanche sur la vie. Emmanuelle Favier raconte avec justesse et profondeur les sentiments troublés, l’éveil d’une sexualité féminine, jusque là passée sous silence. « Le courage qu’il faut aux rivières » laisse présager par la richesse de son histoire et la beauté de ses mots, nous l’espérons, un deuxième roman tout aussi sublime et poignant. – Laëtitia Zunino
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Cette histoire semble surgir du fond des âges, d’une société primitive, à peine parvenue à un degré minimal de civilisation.
Pourtant, nous sommes au XXème siècle, dans le Nord-Est de l’Albanie. Mais cela, nous l’apprendrons seulement en lisant les lignes d’Emmanuelle Favier à la fin de son tout premier roman. En découvrant la quête qu’elle aura dû mener au sujet de cette tradition extraordinaire des « vierges jurées » d’Albanie, ou le destin si particulier de ces femmes qui, pour des raisons familiales, sociales, sentimentales parfois, ont renoncé à leur condition de femme et endossé des vêtements d’homme lors d’ un serment accompagné d’un rituel où se mêlent le sang (symbole de virilité) et le lait (de féminité) : elles ne transmettront pas ce lait si faible qui coule dans leurs veines, cette faiblesse inhérente à la condition de femme.
Pourquoi ? Parce qu’elles ont la charge de jouer le rôle du garçon dans une famille où il n’y a que des filles et épargner la honte à leurs parents ; parce qu’aucune fille ne pouvant recevoir et transmettre le patrimoine, ce sera à ce faux-garçon de le faire ; parce que, parfois, c’est la seule échappatoire à un mariage arrangé odieux. Parce que nous sommes dans une société patriarcale où il ne fait pas forcément bon d’être une femme. Également parce que les hommes finissent par faire défaut dans cette société où on lave dans le sang la moindre offense. Alors, aux « vierges jurées » de les remplacer pour maintenir l’équilibre social ! Tel est le droit coutumier dans cette région.
Les deux personnages principaux de ce roman sont donc deux femmes : Manushe la « vierge jurée », et Adrian, jeune homme étranger un jour survenu au village qui l’accueille dans le respect de la tradition : tout étranger est un hôte sacré auquel tout un chacun doit montrer la plus grande considération.
Et nous allons découvrir les secrets qui se cachent dans la vie d’Adrian et cette relation sensuelle et intime qui va se nouer entre les deux personnages. Le roman foisonne de notations sensorielles, d’observations précises et poétiques à la fois des paysages somptueux qu’offrent les Balkans, d’évocations à la manière d’un peintre paysagiste qui entourent cet amour de beauté, de douceur et d’un charme sensuel infini. Rien de mièvre pourtant dans cette histoire contée en une langue travaillée et fluide à la fois.
Ce livre est une petite merveille de sensibilité, de justesse du regard sur un sujet – celui du genre – à la fois dans l’air du temps et périlleux. Emmanuelle Favier, blogueuse et critique littéraire sur Médiapart par ailleurs, nous offre là quelques heures de pure grâce. – Evelyne Grandigneaux
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Lire également les billets des lecteurs directement sur leurs blogs : Violaine a été conquise tandis qu’Anne est restée de marbre, Dominique s’est laissée « porter par les mots, la poésie qui se dégage de ces pages », Sabine a été happée par l’écriture et la sensualité à fleur de peau, Nicole a été sensible au « mélange de force et de douceur » qui se dégage de ce roman.
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