Ma Reine – Jean-Baptiste Andrea

Une histoire simple ? Peut-être pas tant que ça… à en juger par les réactions des lecteurs, enchantés ou déstabilisés mais qui ont tous quelque chose à dire sur ce livre déjà très remarqué en cette Rentrée Littéraire (et même tout fraichement couronné par Le prix du 1er roman 2017).

Ma reine

 

Attention Bijou ! Vous cherchiez le livre à lire en cette rentrée. Le voici . Ma Reine de Jean-Baptiste Andrea raconte l’histoire de Shell. 1965, dans les Alpes de Haute Provence, Shell, jeune adolescent, est un enfant différent. Il ne va plus à l’école et sert l’essence dans le garage de ses vieux parents. Un jour, Shell manque de provoquer un incendie. Ses parents prennent peur et décident de le placer en institution. Shell est témoin d’une discussion dont il est l’objet mais qu’il n’aurait pas dû écouter. Il décide alors de « partir à la guerre », sans savoir où est le champ de bataille mais pour prouver qu’il en est capable et qu’il est digne de ses parents. Ce périple le mettra en présence de Viviane une jeune enfant qui devient « sa reine ». Jean-Baptiste Andrea nous plonge avec brio dans l’univers de Shell, nous entraînant dans les méandres de sa pensée et de ses croyances et c’est par le prisme de Shell que nous, lecteurs, voyons le monde. Le livre est truffé de trouvailles et c’est à la fois lumineux, poétique, drôle parfois mais aussi étrange. Jean-Baptiste Andrea aborde tout à la fois les thèmes de la différence, de l’enfance et de la nature ici prégnante et puissante. Jean Baptiste Andrea se confie sur l’écriture de ce livre : « Je trouve le monde très pessimiste. On ne parle que de ce qui va mal (et bien sûr, nombre de choses vont mal). Nous perdons par habitude, ou par paresse, notre capacité d’enchantement. Je ne dis pas que nous sommes incapables d’émerveillement, au contraire. Un paysage peut nous exalter, quelques notes de musiques, une relation… Tout le monde en fait l’expérience. Mais nous avons du mal à « retenir » ces moments. Ils ne nous rendent pas meilleurs et ne changent pas nos vies. Bien vite, le quotidien reprend ses droits. Je voulais donc raconter l’histoire d’un enfant qui lui, retient tous les bonheurs qu’il rencontre – certains sont pourtant bien minces. J’espère que les lecteurs, une fois le livre refermé, auront un peu de ce héros en eux. Qu’il rajeunira leurs yeux comme il a rajeuni les miens. » C’est exactement cela. Shell retient tous les bonheurs qu’il rencontre, et les savoure. Nous, lecteurs, fermons le livre tout encore transportés par cette lecture rare. – Sonia Chatain

Bien avant d’avoir lu « Ma Reine » le premier roman de Jean-Baptiste Andréa, bien avant qu’il ne soit sorti, même, nombre d’éloges m’étaient parvenues à l’oreille. Maintenant que je viens de tourner la dernière page, j’en comprends les raisons.
L’ouvrage raconte la vie d’un enfant de douze ans, différent, grand dans son corps certes, mais encore petit dans sa tête. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a dû quitter l’école et travailler avec ses parents, vieux, qui tiennent une station-service, vieille, dans un coin reculé de Provence. Il sert l’essence aux quelques rares clients, vêtu d’un blouson rouge et jaune Shell, qui lui vaut son surnom. Un jour, pour éviter le placement loin de chez lui, il décide de partir « faire la guerre » ce qui lui permettra de devenir un homme. Mais derrière les collines, bien évidemment, la guerre n’existe pas. Il va en revanche rencontrer une petite fille, Viviane, qui va devenir « sa » reine.
Qualifier ce récit de bijou ne me semble pas superfétatoire. Nous sommes là aux confins du conte initiatique et de la fable mais sans mièvrerie aucune. Shell pourrait être le Petit Poucet, Viviane son amie une jolie fée et Matti, le berger qui le recueille au départ de Viviane, un ogre, mais un ogre gentil. L’écriture toute en simplicité et en finesse fait la part belle aux phrases courtes, percutantes. J’en ai beaucoup aimé la maîtrise et la capacité à traduire au plus juste les réflexions du jeune Shell, son esprit quelque peu décalé : « Parmi les missions qui m’étaient confiées, je devais remettre du papier toilette dans le réduit marqué C – le W était tombé et on ne l’avait jamais remis quand on avait constaté qu’il faisait un excellent dessous-de-plat. »
La poésie est partout présente qui décrit à merveille les paysages de collines, le ciel et les étoiles et même l’alcool : « Son eau-de-vie sentait les prés après la pluie, les fleurs mouillées, mais avec une amertume derrière qui disait que l’orage n’était pas complètement passé. » Et, si la frontière entre le rêve et la réalité est plus difficile à décrypter, peu importe. Il suffit de se laisser bercer par le rythme des mots, de laisser venir à soi les images et les sons qu’ils convoquent et de retrouver son âme d’enfant, empreinte de naïveté.
La lecture de ce roman fut pour moi un enchantement, une parenthèse de douceur dans un monde hostile. – Geneviève Munier
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Petite ville de province. Shell, jeune garçon, a des difficultés à s’intégrer à l’école et devient vite celui qu’on chahute mais aussi avec lequel, on ne se lie pas. Sa faute, être différent des autres. On conseille donc à ses parents de l’inscrire dans une école spécialisée, mais sans argent ce n’est pas possible. Il reste donc au domicile de ses parents où il essaie de se rendre utile à la station. Mais alors qu’il met le feu à des aiguilles de pin avec une cigarette, ses parents décident de le placer en institut.
Il décide donc de devenir soldat, il part donc en pleine nuit avec juste son blouson et le fusil de son père. Cette décision va changer le cours de sa vie. Ainsi qu’il fera la connaissance de Viviane, sa « reine » et de Matti, un berger atypique.
Très beau livre qui entre dans le méandre du cerveau d’un jeune garçon naïf qui a du mal à structurer sa pensée. Il y est aussi question de l’environnement social qui n’apporte pas toujours de réponse aux personnes qui n’évoluent au même rythme que les autres et à l’impuissance des parents. Cela aussi questionne sur la cruauté des enfants entre eux. – Sy Dola
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 » A force de m’entendre répéter que je n’étais qu’un enfant, et que c’était très bien comme ça, l’inévitable est arrivé. J’ai voulu leur prouver que j’étais un homme. Et les hommes, ça fait la guerre  » Ainsi débute l’histoire d’ un garçon de douze ans qui décide de partir. Physiquement, il est normal, mais pas dans sa tête. Il quitte la station service paternelle dans la nuit, traverse le bois de pins pour rejoindre le sommet de la colline. Là, assurément, il trouvera la guerre. On est en Provence, en 1965. C’est beau et parfumé. Un matin, en ouvrant les yeux, il découvre une gamine blonde qui l’observe. Elle dit se prénommer Viviane. Comme la fée. Elle affirme être une reine. Accepte-t-il? Il devra lui obéir, ne jamais poser de question. Qui est-elle? D’où vient-elle cette mystérieuse Viviane ? Fantasme ou réalité ? L’essentiel est qu’elle réapparaisse chaque matin. Dès lors, la lumière provençale brille dans le cœur naïf et sincère de Shell. Il y a de la légèreté, comme dans un rêve, de la douleur face à une réalité incompréhensible pour lui. Et la rencontre salvatrice d’un berger taciturne qui vient d’ailleurs. Un roman qui se lit facilement, rapidement, avec ses petits moments de bonheur. Mon bémol personnel est que je n’aime pas toujours quand le narrateur est un enfant.- Mireille LeFustec
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Au cours de l’été 1965 en France, Shell,12 ans, vit avec ses vieux parents dans une petite station-service perdue quelque part en Provence et de temps en temps Il les aide à servir les rares clients. Mais il n’est un garçon comme les autres: il ne comprend pas toujours tout, n’a pas toujours les réactions d’un gamin de 12ans). L’école, c’est pas son truc, si bien qu’un jour, il est sommé de ne plus y mettre les pieds. Sa plus grande inquiétude est qu’on l’enlève de son univers où il a tout ses repères. Une seule solution s’impose à lui: quitter la station-service pour partir faire la guerre afin de devenir un Homme. mais en 65, en France, il n’y a pas de guerre. Il va alors déjà loin selon lui: il gravit la montagne proche de chez lui et se terre là bas, caché de tous. Il va faire la rencontre d’une petite fille, un peu spéciale elle aussi, Viviane qui va devenir sa Reine. (prénom similaire à la fée de Merlin et du Roi Arthur….). Un roman initiatique à la 1ère personne où l’on se met dans la peau de ce petite garçon, pur, naïf qui vit au gré de ses émotions, ses sentiments, ses peurs, ses envies et qui va apprendre des choses sur lui, sur son entourage, sur le monde. Cet être « spécial » va s’enhardir grâce à Viviane, (qui recèle bien des mystères) et Matti, le vieux berger pas si muet que cela… J’ai beaucoup aimé cet univers naïf, décalé qui m’a fait pensé aux illustrations du Petit Prince par sa poésie, sa singularité.. Il y transparait des émotions, des situations de vie attachantes, belles , douloureuses. Je me suis attachée à ce petit bonhomme si particulier, que j’avais envie de prendre sous mon aile… Un beau roman qui promet à son auteur, selon moi, de belles récompenses… »- Marie Heckmann
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Voici un roman émouvant, si tendre et si dur à la fois. Je me suis retrouvée dans un rêve éveillé tant ce récit paraît irréel, et immergée dans un espace hors du temps de notre univers aseptisé et qui se veut si organisé. Shell vient contrebalancer tous ces rythmes savamment orchestrés du quotidien, qui nous donnent les repères dont nous avons besoin. Alors que ceux de Shell sont bien plus simples, tout comme son univers et sa vie. Différents des autres enfants de son âge, ses parents n’ont eu comme seul ressort que de le garder auprès d’eux, à la station-service. Oui, mais voilà, Shell souhaiterait tellement être perçu comme un enfant comme les autres, et non comme quelqu’un de différent. Il devient alors évident pour lui de quitter le nid familial : partir la fleur au fusil vers une guerre très improbable qui lui permettra de s’affirmer et de montrer à son entourage que lui aussi, du haut de ses 12 ans, est un adulte. Son imagination sera sa source, et ses rencontres la promesse d’une réalisation personnelle. Sa naïveté devient sa force, et sa foi lui permet de gravir les montagnes. Sa sincérité perle dans ses paroles, et sa simplicité nous entraîne inévitablement dans son sillage. Il y a une telle poésie dans ces mots qui nous surprennent au détour des pages, Ce roman est un hymne à la différence où l’enchantement nous enveloppe douillettement. Une histoire magnifique à découvrir tout en douceur, tout en reléguant nos certitudes vers des vallons inexplorés.
Coup de cœur pour ce premier roman. – Katie
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Oui, c’est difficile de se prononcer sur ce conte initiatique, qui nous propose un chemin très émouvant, trop peut être, dans un univers sans espoir. Une vie quotidienne d’une austérité totale, réduite à un trio familial pauvre et accablant. Un jeune adolescent démuni à la recherche d’une évasion possible, le passage enchanté d’une adolescente lumineuse qui devient sa Reine, la cohabitation éphémère avec un marginal taiseux… J’ai aimé, marché, refusé, regardé de loin. Je n’aime pas les histoires sans avenir ni lumière, j’ai besoin d’une vraie chaleur humaine. Grosso modo, je me sens accablée. Mais j’ai aimé l’écriture très soignée, malgré quelques incohérences de choix de mots pour décrire les pensées d’un adolescent pourvu d’un langage a minima. Ce texte a le mérite de mettre le doigt sur la difficulté d’insertion des humains différents. Un thème sensible, pour le moment sans solution généreuse. – Martine Magnin
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C’est un drôle d’oiseau ce gamin de douze qu’on a surnommé Shell, du nom marqué sur blouson publicitaire, car ses parents tiennent une station-service un peu perdue au milieu des montagnes. Il est drôle sans faire exprès, il suscite ou les moqueries ou la hargne et la violence. C’est ce qu’on appelait autrefois un enfant « attardé ». Un jour, il décide de devenir un homme et donc, de partir à la guerre. Armé du fusil chipé à son père, le voilà qui traverse le « plateau », quelque part en Provence, se cache dans une cabane de berger, ravitaillé par une étrange fillette, mi-elfe mi-chipie, qui exige de lui qu’il la considère comme sa reine. Elle lui fait découvrir une grotte décorée de peintures rupestres, le ravitaille, l’émerveille et l’inquiète : c’est la découverte de l’amour pour le petit garçon qui devient grand. Enfin, un peu, car son cerveau est celui d’un petit enfant, loyal, honnête, pas si bête, fasciné par Viviane, « sa reine ».
Et nous allons le voir évoluer, émouvant et navrant parfois, plein d’humour et délicieux de fraicheur à d’autres moments, dans une sorte de conte joli et cruel comme sont les contes. Comme dans les contes, nous croisons des personnages inquiétants (père et beau-père), gentillets (les mères), énigmatiques (Matti, le berger réfugié dans la montagne après qui sait quel méfait). Enfin, de façon moins poétique, ce livre pose le problème de l’adaptation du système éducatif aux enfants handicapés et de la place qu’on leur réserve dans notre société. Il évoque aussi, de façon détournée, la problématique des enfants battus.
C’est un beau roman, c’est une belle histoire…pleine de poésie mais pas si gaie finalement…Un joli premier roman. – Evelyne Grandigneaux
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Les billets des lecteurs sont aussi sur leurs blogs : « Un livre bouleversant et plein d’émotions » pour Anne-Marie Gabriel, « Il a manqué un petit quelque chose » à Benoît, « Une bulle de douceur » pour Bénédicte, « Une petite bulle, mais… » pour Colette, « l’ennui malgré une belle écriture » pour Anne Leloup, « Un joli livre » pour Anne .
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