Elle voulait juste marcher tout droit – Sarah Barukh

La seconde guerre mondiale, ses conséquences et la vie d’après vues à hauteur d’enfant… Dans les pas de la petite Alice, le lecteur embarque pour une épopée qui le mènera jusqu’à New York et lui fera côtoyer des héros et des anti-héros plus attachants les uns que les autres. Un roman d’aventures et d’apprentissage.

Elle voulait juste marcher tout droit

« Alice est particulièrement émouvante dans sa fraicheur, sa naïveté et sa quête d’amour. L’auteure a parfaitement bien réussi à se mettre dans sa peau de cette petite fille très volontaire et courageuse assaillie de multiples questions qui restent sans réponse mais bien décidée à faire exploser la chape de silence qui l’entoure. « Pour savoir où l’on va, on doit savoir d’où l’on vient. »
Un premier roman très réussi sur les secrets de famille, sur la filiation sur un fond d’histoire passionnant. Un vrai page-turner. » – extrait du billet de blog de Joëlle Guinard 

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1943, Salies de Béarn, Pyrénées. Alice a 6 ans, elle vit avec Jeanne, sa nourrice. Aux pourquoi qui se bousculent dans sa bouche d’enfant, « pourquoi ne faut-il pas sortir seule pour aller chercher l’eau au puits ? Pourquoi faut-il prendre garde de ne pas gâcher les quelques réserves de nourriture ? Pourquoi doit-elle dire à tout le monde qu’elle est la fille d’Armand, le fils de sa nourrice, pourquoi ses camarades se moquent-elles ? Pourquoi les Allemands sont-ils venus chercher son camarade Thomas ? Pourquoi le papa de Claudine n’est-il toujours pas revenu ?… » La réponse est toujours la même : « Parce que c’est la guerre. » 1946, Paris. Alice a neuf ans, elle vit avec sa mère, revenue la chercher après la Guerre, dans un minuscule appartement qui tient aussi lieu d’atelier de couture. Sa mère, qu’elle pensait forte, est presque un fantôme. Tantôt épuisée, silencieuse, tantôt tremblante et effrayée par quelque chose qui est en elle, ancré dans son regard. Il y a aussi Monsieur Marcel, qui parle peu mais sort tous les jours pour aller consulter les listes de survivants, et qui revient invariablement abattu, plus seul que jamais. Aux questions qu’Alice se pose sur sa mère, sur cet endroit dont elle et Monsieur Marcel sont revenus si vides, sur les chiffres tatoués sur leurs avant-bras, sur ces listes interminables de noms qui rendent Monsieur Marcel si malheureux… la réponse, toujours la même : « la guerre est finie, mais c’est compliqué… » Et puis il y a la maladie de sa mère, qui forcera Alice à quitter de nouveau cette vie, ceux qu’elle commençait à aimer, sa mère, son seul ami Jean-Joseph, Paris et son rêve d’en connaître enfin un peu plus sur sa mère et son passé. 1947, New York. Le père d’Alice s’est fait connaître aux services sociaux, elle a donc dû quitter sa mère mourante pour aller vivre chez lui et sa femme, à New York. Aux questions qu’elle se pose sur cet homme qui ne semble pas avoir envie de la connaître, sur son oncle Vadim, grand reporter de guerre revenu aveugle après avoir couvert le Débarquement, qui partage sa chambre, et qui gronde dès qu’elle veut lui parler, Alice n’a toujours aucune réponse… Mais curieusement c’est auprès de Vadim qu’elle finira par trouver un peu d’attention, quand elle parviendra à lui prouver qu’elle n’est pas une petite fille pleurnicheuse. La guerre est finie, mais les questions sont toujours là… Et ce qu’Alice veut plus que tout, c’est revoir sa mère… Une saga extrêmement bien faite sur la guerre, vue à hauteur d’enfant. Une construction maîtrisée, des personnages touchants, une petite fille attachante, réaliste, qu’on a envie d’aider. Une très belle lecture, un premier roman roman prometteur.- Amélie Muller

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« Elle avait toujours aimé lire, et n’avait jamais songé à faire de choix selon son âge. Elle se laissait guider par un titre, une couverture, les premières lignes…Parfois, elle sentait que quelque chose lui échappait, elle se disait qu’elle y reviendrait plus tard. Ce qu’elle aimait dans ces histoires, c’était qu’elles étaient évidentes, logiques, et l’évidence la calmait. Il y avait un début, un milieu, une fin. Les méchants étaient souvent punis par les autres ou par eux-mêmes, ceux qui péchaient finissaient par le payer, les bonnes personnes étaient tôt ou tard récompensées. Il y avait un sens, et de ce sens se dégageait l’espoir. » Sarah Barukh nous offre dans ce premier roman une histoire comme ci-dessus décrite. L’espoir en est très certainement le maître mot et magnifiquement incarné par la jeune héroïne Alice, que l’on suit de ses cinq à ses presque dix ans tout au long de son épopée entre le Béarn, Paris et New York. Au début le style simple, direct m’a quelque peu dérangée…Mais je dois bien admettre que je m’y suis faite plutôt rapidement : grâce à la justesse du ton retranscrit, on adhère à l’âge de l’enfant et ce malgré un texte écrit à la troisième personne… J’ai très vite oublié la narratrice ou plutôt je l’ai confondue avec Alice, centrale et rayonnante, dont j’ai écouté la voix nous raconter ses déboires.
L’écriture est trop « évidente » et par là même sans surprise, voire sans effet sur la lectrice que j’ai été. La force de ce premier roman réside dans l’histoire, dans sa construction narrative, son rythme et sa sincérité : on est pris et on y croit ! Alice est une enfant lumineuse, innocente quoique dans un pays en guerre, facétieuse, curieuse et vive. Elle nous fait part avec franchise de toutes ses interrogations dans un monde où la guerre explique tout, donc rien, et de tous les blancs qui perforent son histoire depuis la naissance : de l’absence de mère jusqu’à l’identité d’un père dit inconnu… L’évidence de l’histoire réside dans son déroulé : on est emporté, on a envie de savoir, ce qui échappe se retrouve plus loin, dans les chapitres suivants, et même si on devine assez vite les liens secrets, on s’attache réellement aux personnages qui jalonnent le chemin d’Alice. L’auteure réussit avec brio à brosser leurs portraits au fil des lignes, brièvement, par petites touches : on les ressent, pressent, tous si justement humains dans leurs failles, leurs souffrances, bravoures, renoncements…
C’est un roman très généreux. L’authenticité et le désir vivant de l’enfant rayonnent une belle espérance malgré le sombre d’une époque et le cruel auquel la vie expose parfois. L’écriture proprement dite ne m’a pas transportée mais j’ai malgré tout voyagé et n’ai pas un seul instant douté des personnes croisées et d’Alice, enfant intrépide. Premier roman comme une promesse. Je ne serais pas étonnée de voir, après l’avoir lue, cette histoire sur grand écran un jour…  – Karine Le Nagard
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« C’est un pari audacieux que prend l’auteure en nous offrant un énième récit sur la guerre d’une part mais aussi et surtout en écrivant cette histoire à partir du regard d’un enfant car le roman pourrait vite tomber dans le surfait, le trop mièvre ou le larmoyant. Mais Sarah Barukh réussit parfaitement à captiver son lecteur, à lui faire ressentir toutes les peines, tous les espoirs d’Alice et des autres personnages qui ont un rôle essentiel dans la construction du roman. Le tout dans un décor parfaitement reconstitué et documenté dans lequel on côtoie fascistes, résistants, strass de l’Amérique, anciens déportés et souvenirs de l’Horreur. »  – Extrait du billet de blog d’Amandine Cirez
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« Cela aurait pu être un bon livre, un vrai page-turner, selon le terme désormais consacré. Mais la narration s’est révélée laborieuse et si l’on ne s’ennuie pas – il faut bien le reconnaître – j’aurais aimé être davantage surprise. »  – Extrait du billet de blog de Delphine-Olympe moins convaincue.
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Lire également les billets d’Héliena et de Nicole
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