La sonate oubliée – Christiana Moreau

Un voyage dans le temps, entre deux époques, Venise, Vivaldi, l’amour de la musique… La sonate oubliée joue sur un terrain diablement romanesque et offre le récit d’une belle amitié par-delà les siècles. Ravissant pour certains, trop léger pour d’autres… les lecteurs sont dans l’ensemble plutôt contents du voyage.

La sonate oubliee

Ah Venise! Comme cette ville porte bien ce joli roman. Je me suis laissée flotter de Lionella à Ada, de la Belgique à la Sérénissime, de 18ème au 21ème siècle. Quel bel hommage à ces orphelines virtuoses, à Vivaldi, à la musique, à la liberté. « La sensualité de la musique m’habite comme une fièvre nouvelle. Vivre la musique empêche de mourir… C’était comme si mon âme avait trouvé la clé qui ouvre sur l’enchantement. Mon âme et l’âme du violoncelle réunies. » – Anne-Christine Busnel

Hasard des lectures et des sorties littéraires. Voici un roman qui parle aussi de musique. Cette fois ce sont les notes de Vivaldi qui rythment les pages de ce premier roman , dont j’ai apprécié la lecture. J’ai beaucoup aimé les deux époques décrites, que ce soit la période actuelle : nous sommes à Seraing, ville ouvrière où les mines ont fermées et où les édiles essaient de recréer de nouveaux territoires et la Venise du 18e siècle. Cette sonate oubliée mais retrouvée nous entraîne dans les notes d’un violoncelle. L’auteure nous parle très bien de l’apprentissage de la musique, du monde des concours mais aussi elle nous entraîne dans la Venise du 18e siècle et en particulier dans l’ospedade de la Pieta, un établissement religieux qui hébergeait les enfants perdus et en particulier, les filles. A la Pieta, ces jeunes filles recevaient une éducation musicale et avaient la chance d’avoir Vivaldi comme professeur. Ce mélange d’époque enrichisse la lecture de ce premier roman et vais être tenté de lire d’autres romans sur cette période. Un beau moment de lecture avec les sonates de Vivaldi en bande son. – Catherine Airaud

Voilà un premier roman qui cumule de nombreuses qualités : une intrigue prenante, une incursion dans la Venise du 18ème siècle, une immersion dans la culture et la passion pour la musique classique (qui intéressera même les non-initiés dont je fais partie), des personnages attachants et convaincants… Avec tous ces ingrédients, autant dire que la lecture est fluide, agréable et… enrichissante. J’ai beaucoup apprécié le dialogue entre les deux jeunes filles à travers les siècles. Lionella, enfant du 21ème siècle passionnée de violoncelle, issue d’une famille d’amateurs et de musiciens, dont la délicatesse et la capacité à voyager au travers de la musique contraste avec la tristesse de son environnement plus terre à terre dans une cité belge en proie à la crise économique. Ada, orpheline recueillie dans un hospice de Venise au 18ème siècle où elle apprendra la musique aux côtés d’un maître désormais célèbre, Vivaldi. Lorsque Kevin, le meilleur ami de Lionella découvre dans une brocante une partition inconnue et le journal intime d’Ada, il est encore loin de se douter de l’importance que cette découverte prendra dans la vie de son amie… et de la proximité qui naîtra entre les deux jeunes filles par-delà les âges. S’agit-il d’une sonate inconnue de Vivaldi ? Lionella ne prend-elle pas un gros risque en décidant de l’interpréter lors du concours Arpège ?
C’est un très bel hommage à la passion, à la musique, à la volonté de réaliser ses rêves, à l’amitié également. J’ai appris un tas de choses et retrouvé avec plaisir un contexte déjà croisé dans une « Nouvelle vénitienne » de Dominique Paravel, ces ensembles musicaux de jeunes orphelines se produisant devant la noblesse vénitienne dissimulées par des grillages et des voiles.
Une jolie surprise de ce début d’année.- Nicole G.

Un très joli et doux moment de lecture, un hommage aux jeunes orphelines virtuoses qui travaillaient sous la conduite de l’Abbé Vivaldi, une Venise toujours Sérénissime et envoûtante. Un texte bien documenté, un va et vient entre passé et présent un peu convenu, une faible intrigue amoureuse, une fin prévue, mais surtout un thème un peu usé et déjà trop lu, celui d’un document précieux retrouvé après plusieurs siècles ou années. J’ai appris des choses, je me suis cultivée, mais ce texte n’a pas joué avec mes émotions. Dommage.- Martine Magnin

Est-ce le fait de sa jolie couverture aussi énigmatique que suggestive, ou simplement l’excitation de plonger dans cette première lecture de la sélection ? Le roman a eu tôt fait d’être ouvert et La Sonate oubliée de retentir. A la lecture de la 4ème de couverture, l’évocation du violoncelle fait vaguement résonner dans ma tête d’amatrice modérée de musique classique une majestueuse suite pour violoncelle de Bach. Vivaldi, Venise ou encore l’histoire économique belge m’étant complètement inconnus, je ne pensais pas pas être à ce point transportée dans la Sérenissime du 18ème siècle, vivant tour à tour l’exaltation, la tristesse, l’émoi, la mélancolie ou l’ardeur de l’orpheline Ada.
Car c’est précisément ce que parvient à faire Christiana Moreau, créant des ponts spatio-temporels qui conduisent le lecteur et la jeune Lionella de la Belgique contemporaine à la Venise baroque. A travers les siècles, les deux jeunes filles s’appellent, se répondent dans la mélodie tantôt lancinante mélancolique du largo, tantôt enjouée, vive et guillerette de l’allégro. Toutes deux ne font plus qu’un avec leur instrument, dont « l’âme ouvre la clé sur l’enchantement ». Dans les deux récits qui s’entremêlent, le lecteur est submergé par cette vague musicale qui l’envahit tout entier, au point que l’univers du lecteur lui-même semble retentir du chant du violoncelle, de plus en plus intensément et profondément à mesure que l’on avance dans le roman.
En refermant le livre, comme Ada posant son archet, « plus rien n’existait en dehors de cette plénitude et, le concert fini, il me fallut plusieurs minutes pour revenir à la réalité, comme on émerge d’un évanouissement ». J’ai eu tout à la fois envie d’apprendre l’italien et le violoncelle, de prendre un billet pour Venise ou d’écouter l’intégrale des œuvres de Vivaldi. Et même, non sans une pointe d’envie (jalousie ?), de commencer immédiatement à faire le le tour de toutes les brocantes sarthoises pour saisir moi aussi la chance de vivre une aventure littéraire, musicale et historique comme celle de Lionella. Cet instant passé, il me restait, outre un très beau moment de lecture, une toute petite sensation de vide concernant la partie contemporaine : les personnages manquent un peu de profondeur, les dialogues de spontanéité, l’intrigue d’intensité. Il n’en reste pas moins que tout au long du roman, entraînée aux côtés des deux musiciennes prodiges et de leur professeur, j’ai parfois dû résister à l’envie féroce de manger quelques mots pour découvrir plus vite les suivants, me forçant à relire doucement les magnifiques passages de concert, d’émois ou de fêtes pour mieux les savourer. – Elise Ribot
Vivaldi
Après un week-end en apnée dans un bain de polars, retrouver « La Sonate oubliée », premier roman de Christiana Moreau ressemblait à un envol dans un ciel d’azur. Nous est racontée l’histoire de deux jeunes filles, l’une qui vécut à Venise au 18è siècle, Ada, abandonnée dès sa naissance à la porte de l’Ospedale della Pieta et l’autre, Lionella, d’origine italienne certes, mais qui habite, de nos jours, une petite ville charbonnière de Belgique, Seraing. Lionella, violoncelliste de talent prépare un concours et rêve de trouver une partition originale, LA partition. C’est son ami, et amoureux secret, Kevin qui va la lui offrir sous la forme d’un coffret trouvé sur l’étal d’un marché aux puces… à l’intérieur un rouleau de papier et un cahier… Mais, comment dire ? J’ai lu ce roman avec un certain plaisir. J’ai aimé le va et vient entre passé et présent, j’ai apprécié les jolies descriptions de Venise, son carnaval, les détails sur l’Ospedale, les « figli di Coro », je me suis intéressée aux problèmes des charbonnages de Seraing, j’ai appris avec un grand intérêt des particularités de la vie de Vivaldi, ce musicien dont j’écoute volontiers les concertos pour violon, j’ai ressenti de la compassion pour Ada et son histoire d’amour impossible, de l’admiration pour Lionella et son côté rebelle et déterminé, mais… Mais, je n’ai pas trouvé dans l’histoire, somme toute convenue, la flamboyance à laquelle je m’attendais. L’écriture ne m’a pas davantage entièrement convaincue qui, bien qu’enlevée et jolie à certains moments – « Sa place (Ada parle de son violoncelle) est entre mes cuisses, je l’attire tout contre moi et l’entoure de mes bras. Dès que je le touche de l’archet, il frémit, dévoile son chant grave et fait vibrer mon cœur… » – ne possède pas le faste auquel je m’attendais. Je dois même avouer avoir été choquée par certaines expressions – actuelles certes, mais improbables à mes yeux par rapport au contexte – voire interdite… page 213 « Ok ! Ça marche ! Tu me raconteras. » (Kévin à Lionella). Si le récit est bien construit, les fondements m’ont paru légers qui permettent rapidement d’imaginer que Kévin sera le sauveur de Lionella, que l’histoire d’amour d’Ada ne durera pas, que le « Prêtre roux », Vivaldi, pour attentionné qu’il soit, pensera finalement plus à sa carrière qu’à ses figli, que la fin sera ce qu’elle est. « La sonate oubliée », un roman sympathique, léger, agréable, mais, hélas pour moi, loin de la passion. – Geneviève Munier
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Je n’ai pas été conquise par La Sonate oubliée, dont j’ai trouvé l’intrigue beaucoup trop convenue, sans surprise, « cousue de fil blanc », comme on dit 🙂. Dommage, car l’ambiance vénitienne est plaisante, les allers-retours entre passé et présent, et l’aspect historique autour de Vivaldi étaient un point de départ intéressant, mais traité avec trop de facilités, à mon avis. – Amélie Muller
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C’est l’amour passionné pour la musique qu’éprouvent deux jeunes filles que trois siècles séparent.
Passion que la romancière parvient à nous communiquer et à nous faire ressentir, même si on n’est pas instrumentiste.
Désormais, je prêterai davantage attention aux sonorités du violoncelle.
La première, Ada, vivait recluse dans un orphelinat mais n’avait rien moins que Vivaldi pour professeur.« L’abbé Antonio Vivaldi est si tendre, si doux dans sa façon d’enseigner que c’en est un régal ; nous avons tant manqué d’amour dans notre enfance… ». Avec elle, j’ai retrouvé Paola Pietra, la jeune héroïne de « La note secrète », enfermée dans un couvent milanais. Les chanteuses et les musiciennes étaient pareillement invisibles aux yeux des fidèles et des mélomanes qui venaient spécialement pour les écouter.
« treize marche de bois conduisent à un étage où nous chantons et jouons, dissimulées derrière une grille de fer. »
Avec Ada, nous sommes à Venise et les fastes de son carnaval ;
Avec Lionella, nous sommes en Belgique wallonne et la tristesse des industries à l’abandon.
Tout est bien rendu , l’écriture est fluide, l’intérêt ne faiblit pas. – Mireille LeFustec
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D’autres chroniques de lecteurs sont également à lire directement sur leurs blogs : Joëlle, TLivresTArts, Héliéna, Martine G, Henri-CharlesNathalie Cez
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