La téméraire – Marine Westphal

Un sujet difficile à aborder et pourtant… Marine Westphal relève le défi du haut de son expérience professionnelle et du bout d’une plume au service de l’émotion. Des lecteurs touchés, bouleversés, impressionnés…

la-temeraire

« Texte d’une beauté infinie et d’une incroyable justesse, ce roman enchante par sa réalité grave et poétique où chaque mot pèse de sa juste valeur. » : la chronique complète de Bénédicte Junger est à découvrir sur son blog

Roman court, intense, riche. Une écriture coup de poing, poétique aussi. Un sujet qui nous concerne tous, l’amour, la fin de vie, la mort. Et par-dessus tout, le parcours de Sali, la téméraire, mais aussi de ses deux enfants, leurs réactions face à cette vie qui est là, sans vraiment être encore là. Quel beau va et vient entre passé et présent, souvenirs de ces années d’amour indéfectible et dure réalité du comment continuer à vivre. « L’amour : je l’imagine en escalier biscornu, dont les marches parfois se dérobent, il faut continuer d’avancer, accepter d’être aveugles, guidés par autre chose que la lumière. De l’extérieur, ça paraît fou. Mais c’est ce qu’on dit de tout ce qu’on ne contrôle pas. » Une belle évocation aussi de ces rôles d’aidants, de l’infirmière à domicile à l’épouse qui s’oublie totalement jusqu’à en arriver à son dernier geste d’amour « car elle avait un but, un incroyable objectif qui mobilisait toutes ses pensées et ses forces : ne pas le laisser crever là, lui qui aimait tant l’impolitesse du vent et les grands espaces ».- Anne-Christine Busnel

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Longtemps après que j’ai refermé La téméraire, l’image de Bartolomeo, étendu et paisible près de son lac, en haut de sa montagne m’est restée en tête. Les larmes aux yeux, je n’ai pu m’empêcher de penser à ce fameux Dormeur du Val rimbaldien, « pâle dans son lit vert où la lumière pleut ».
Son Meo, celui de Sali, son grand homme et son magnifique amour sont devenus une chrysalide dont aucun être ne sortira plus, le jour où un minuscule grain de sable est venu enrayer la mécanique de son corps, et surtout de son esprit. Le premier se réveille doucement, mais le second semble bien s’être égaré quelque part, hors de l’espace-temps de Sali, et de leurs deux enfants. Meo ne reste qu’une enveloppe vide, dans ce salon transformé en chambre d’hôpital.
Plus encore que la mort, cet entre-deux est terrible pour l’entourage, et pour Sali qui se laisse dépérir auprès de son amour mort. Alors Sali choisit pour lui, pour eux et peut être aussi un peu pour elle? Retrouvant enfin un but, elle a fini d’errer, elle veut emmener Bartolomeo dans ses montagnes qu’il aime tant, celles qui l’ont vu aller et s’écrouler, celles qui le verront partir. L’écriture est puissante, sans être jamais pathétique, le thème saisissant et éclatant et enfin les mots, justes et essentiels. Le courage de Sali est le plus bel acte d’amour, il m’a émue aux larmes, et je me demande depuis : Et si c’était moi? Et si c’était lui? Serais-je prête ?
Un premier roman bouleversant et magnifique. – Elise Ribot
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« Un premier roman bouleversant, du fait de son sujet mais aussi de son écriture. J’ai lu ce livre d’une traite et ai été happée par cette écriture qui nous parle d’un sujet si délicat et difficile. Sali s’occupe dans sa salle à manger de son mari Bartolomeo, qui a eu un AVC et qui survit sur un lit médicalisé. Les journées sont rythmées par les visites des infirmières et de la gentille voisine qui se propose pour faire les courses. Les deux enfants sont présents aussi, Poucet le petit dernier est là et essaie d’aider. La fille, elle, est plus loin mais n’arrive pas à faire face à ce déclin du père. Un sujet dur et qui interpelle. Grâce à une écriture poétique et sensible, nous sommes happés par cette histoire bouleversante qui traite avec beaucoup de délicatesse et d’humanité, des fins de vie et des choix que l’on peut ou ne pas faire. Quelquefois les livres nous bouleversent car ils nous parlent de la vie, de la mort, de la fin de vie. Un premier roman bouleversant mais pas larmoyant. Un livre d’espoir et de volonté. Une belle écriture pour décrire la maladie, un AVC, les rapports humains et la nature toujours proche. On est en plein avec les personnages, que ce soit dans cette salle à manger transformée en chambre de malade, dans une voiture avec les questionnements des enfants et enfin dans les Pyrénées et la nature pour se ressourcer ou d’échapper. Un texte très émouvant. Merci de m’avoir fait découvrir ce texte qui est bouleversant mais si poétique et humain. « Car il est une chose plus pénible encore que d’apprendre la mort d’un être aimé, c’est de l’attendre. » Catherine Airaud

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« Je reste un peu hébétée et perturbée par ce livre bouleversant. Un grand amour, solide, tendre, tenace, représenté par une femme volontaire et sans compromission, et l’attente d’une mort annoncée, inéluctable, celle de son mari. Une contradiction morale, sentimentale, et concrète. Ce livre nous touche là où ça fait le plus mal, comment vivre l’impossible, comment coexister avec un homme ni n’existe plus, mais respire encore? Les mots sont étonnement bien choisis, le style et la distance parfaitement maîtrisés, original, sensible, le vocabulaire est à la fois précis et poétique. On est ici avec lui, on les regarde, on partage et on sent qu’elle ne fera que ce qu’il attend d’elle. » – Martine Magnin

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J’ai été bouleversée par ce roman, tant par le sujet délicat qu’il aborde tout en pudeur et en délicatesse (le combat d’une femme aux côtés de son mari plongé dans un état végétatif à la suite d’un AVC), que par l’écriture fine, au plus près des émotions, de Marine Westphal. Je ne suis pas sûre de parvenir à écrire un petit billet sur ce texte, et je vais aller lire les vôtres pour m’imprégner encore de la force et du courage de Sali. Je retiens des passages entiers, qui pour moi sont d’une grande force évocatrice sur le cataclysme que peut représenter l’irréparable, l’accident, la mise en veille de toute une vie pour accompagner un être cher.
« les rêves tombaient du plafond comme des mites et crevaient en sourdine sur le matelas froid. »
Et, après l’abattement, le sursaut, le déploiement de la force surhumaine de l’amour pour offrir à son homme le plus beau des derniers souffles. Digne et magnifique. – Amélie Muller
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« Quand survient le drame…
Sali ne quitte pas des yeux le lit médicalisé qui occupe ce qui fut la pièce à vivre de leur maison. Bartolomeo, son mari, git inconscient ; Il a été foudroyé à 1 700 mètres d’altitude quand « une grenade lui avait pété dans sa tête ». Un A.V.C.
« Un minuscule débris, poussière qui flotte, dérive et, en quelques minutes, plus personne pour répondre ». « Bousillé, broyé, pilonné jusqu’à la moelle ».
Lo Meo a cinquante-huit ans. C’était un homme robuste, habitué aux marches en montagne : il était garde-moniteur dans une réserve naturelle des Pyrénées et en parcourait quotidiennement les sentiers qu’il entretenait.
« Au mois de décembre, soit deux mois après son accident vasculaire cérébral, il était sorti du service de réanimation, avait transité par la neurologie, puis l’hôpital leur avait fait comprendre qu’ils ne pouvaient rien faire de plus ».
Sali perd brutalement celui qu’elle aime depuis trente-six ans. Elle est “brisée” tel un fétu de paille face au lit où Lo Meo faisait le mort ».
Cela fait dix mois qu’elle reste en permanence auprès de lui. Elle n’est plus rien.
Jusqu’à quand pourra-t-elle tenir ?
La douleur de l’épouse , celle des deux fils : une fille et un garçon, sonnent juste.
Chacun réagit de façon personnelle. C’est poignant.
Marine Westphal, infirmière, a dû être confrontée à ce genre de situation. Elle est au plus près de la douleur. Je trouve que c’est là qu’elle donne le meilleur du roman.
Ce livre pose le problème de la fin de vie. De l’assistance en fin de vie.
« Car il est une chose plus pénible encore que d’apprendre la mort d’un être aimé, c’est de l’attendre ».
Sali prend une décision : « Sauver sa mort, puisqu’elle ne pouvait sauver sa vie »
« Si elle ne pouvait rien contre la mort, elle pouvait pour son mari ».
J’ai trouvé cette fin très belle. Un bon livre sur une situation dramatique.
J’émets une réserve sur l’écriture, surtout au début quand il s’agit de mettre en place : trop d’images, de comparaisons voulues originales qui dénotent, à mon avis, une application trop décelable. » – Mireille Le Fustec
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