Fils du feu – Guy Boley

Certains voudraient lui attribuer le prix du style, d’autres peinent à trouver les mots pour déclarer leur flamme à ce roman flamboyant. Fils du feu a enflammé les lecteurs, embrasé les cœurs et réchauffé les corps.

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« Fils du feu, c’est encore un roman sur la mort, mais, cette fois-ci, la mort d’un fils, la mort d’un frère. C’est aussi un jeu habile sur le sens du mot « fils » qui s’écrit à l’identique au singulier, comme au pluriel. Qui est donc ce fils du feu, ou qui sont donc ces fils du feu? Pour le comprendre, il faut écouter ce que nous dit, écrit, l’auteur Guy Boley. » nous dit Martine Galati sur son blog (lire le billet complet)

« Un premier roman lumineux, incandescent, sur l’enfance, la mort et la filiation dans l’univers flamboyant des ferronniers d’art aujourd’hui disparus. Un livre d’une grande maitrise où par petites touches, à la manière d’un peintre, Guy Boley nous transporte dans le récit de sa jeunesse à fleur de peau. Né en 1952, l’homme devenu peintre, est talentueux, ajuste ses mots sertis dans sa mémoire qu’il choisit avec précaution pour une musicalité syncopée que l’on a envie de lire à haute voix. L’enfant qui se raconte, a 5, 6 ,7 ou 8 ans au départ. A jamais marqué par le monde violent des ferrailleurs dans les années 50/60 à Besançon, la ville d’Hugo. Il est issu d’une fratrie de 3 enfants et vit à côté d’un entrepôt de locomotives. Doté d’une lucidité étonnante, «j’étais en quelque sorte avec tout cet orgueil dont est bouffie l’enfance, le docte souverain d’un royaume des médiocres » ce garçon se trouve confronté à la mort de son petit frère Norbert qui lui fait écrire : «J’ai considéré ma vie comme une mission nécessaire à remplir puisqu’elle m’avait été donnée, j’ai mis mes masques, enfilé mes armures » Quoi de plus logique pour un fils de forgeron qui dompte le feu. Ce qui vaut au livre de magnifiques descriptions du père et de Jacky, son second à la forge, et à l’égard duquel l’auteur plus tard, avouera son attirance pour les hommes. 158 pages au fil desquelles selon le degré et l’angle de lumière qu’il pose sur les événements de son enfance et de son adolescence, avec un sens éprouvé du tempo et de la mise en scène, pour autant, «n’exhibent pas les choses de basse extrace aux yeux du tout venant ». Puis nous pénétrons le domaine des femmes – sa mère – celui des lavandières, « dont les slips monstrueux ressemblaient à des draps dans le vent d’est qui emporte dans sa traîne, entre ses doigts entre ses dents, dans sa grande gueule de vent, cette suie noire épaisse collante que crachaient les locomotives sans omettre les scories des tacots, les poussières des tenders, les étincelles des cheminots qui soudaient meulaient brassaient, forgeaient et qu’il posait tout ça, tapis de deuil, amas de crasse, sur les tuiles, les rebords de fenêtre, les perrons, les murets et surtout, épicentre de cette ecphrasis (introuvable dans mes dicos!!!) sur l’impeccable linge que l’on venait tout juste de mettre à sécher dehors, au pâle soleil d’hiver » On croise des personnages qu’on n’oublie pas, tant l’écriture de Boley les transfigure. Mr Lucien et sa femme Fernande, la grand-mère qui dépèce les grenouilles vivantes (remarquable scène d’une violence inouïe, p.52) Marguerite-des-oiseaux au cul de jument franc comtoise qui a perdu un fils à la guerre et qui invariablement, inlassablement répétera à l’absent «Jean Marie, rentre, tu vas manger tout froid ! » comme s’il s’agissait de nous préparer au destin similaire de la propre mère de l’auteur qui jusqu’au bout, fera comme si Norbert n’était pas mort, lui faisant son lit tous les jours jusqu’à organiser avec la complicité de son fils, un repère dans le grenier de la maison qu’ils partageront tous les 3. Merveilleux moments de lecture sur cette relation avec sa mère! Comme l’écrit S. Faulmeyer (68 parmi d’autres) dans son petit carré jaune : «Il se saisit de l’écriture comme il peint un tableau. Par touche. Dans les silences de la forge et la beauté fulgurante du feu. Dans l’indicible amour pour un frère disparu trop tôt et qui grandira malgré tout et toute sa vie, auprès de lui. C’est là oui que nait la beauté de ce livre. Dans les silences, la lumière, le rayonnement et la force poétique de l’écriture de Guy Boley ». Ou de Merlieux (autre 68) d’évoquer « la joie pure éprouvée grâce à des mots « en un certain ordre assemblés », à une écriture, à une histoire… Une histoire d’enfance, de découverte du monde, de création d’un être. Une histoire de vie et de mort » Sûre et certaine, ce sont bien les lectrices des 68 qui en parlent le mieux. » – Cécile Rol-Tanguy.

« Par moment, le lecteur est immergé dans un poème tant les phrases semblent des rimes, portées par des alexandrins qui n’en sont pas, tant par le rythme que par le sujet. C’est un roman qui n’est aucunement triste ni mélancolique, et ce malgré le deuil et la douleur évoqués dans ces lignes, mais aussi la période pendant laquelle il se situe et qui connait une véritable remise en cause de la société et un bouleversement des habitudes de chacun » s’enthousiasme Dominique Sudre sur son blog (lire le billet complet).

« J’arrive bien tard pour apporter ma flamme à ce texte si lumineux, qu’il brille encore même refermé. Une maîtrise totale et réjouissante de la langue, de la poésie, du rythme des mots, de la folie des pensées, de l’inventivité des images. On est dans l’intime et on se retrouve dans l’universel, on contemple émerveillé et perturbé cette saga familiale étrange bercée par les flammes, hachée par les coups de masse, enfumée et éclaboussée par la limaille de fer. Chapeau bas, Monsieur Guy Boley, vous avez un talent fou, et plusieurs cordes à votre arc. Merci pour ce moment inoubliable, et surtout revenez vite avec un nouveau texte. » – Martine Magnin

Et quelques-unes des chroniques publiées sur les blogs des lecteurs :

Bric a book : http://www.bricabook.fr/2016/10/fils-du-feu-guy-boley/

Henri-Charles : https://collectiondelivres.wordpress.com/2016/09/08/fils-du-feu/

Sabine : http://lecarrejaune.canalblog.com/archives/2016/09/16/34330058.html

Moka Milla : https://aumilieudeslivres.wordpress.com/2016/09/24/fils-du-feu-guy-boley/

Nicole : http://www.motspourmots.fr/2016/11/fils-du-feu-guy-boley.html

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