Bonneville – Laurent Saulnier

Un road-movie à l’américaine dont la vedette est une vieille Pontiac condamnée à rester au parking… sauf dans l’imagination fertile de son propriétaire. Trop fertile pour être honnête ?

bonneville

« Il n’a pour compagnie qu’une vieille Pontiac de 1969, une Bonneville hors d’état de rouler, plantée au milieu des champs. Son univers : la maison familiale, les poules, les bois, les champs et une voie de chemin de fer pour alimenter les rêves d’ailleurs. Son road-trip, il se le fait chaque nuit, dans ses rêves au volant de Bonneville, libre dans sa tête comme disait une chanson. Jusqu’au jour où il se dit qu’il irait bien voir ailleurs en vrai… Mais pour ça, il faut de l’argent et ce n’est pas son maigre salaire de pompiste d’autoroute qui va lui permettre de faire des extras et encore moins de voyager. Une effraction, un concours de circonstances défavorables et c’est l’engrenage…
Dans le genre, ce premier roman est vraiment bien mené, on voit peu à peu le mur se rapprocher et les idées du héros se télescoper entre rêves et réalité. Avec une ambiance qui emprunte sérieusement aux grands espaces américains, à l’unisson des rêves d’évasion du héros.Un dingue qu’on ne peut pas s’empêcher d’aimer malgré les cadavres qu’il sème derrière lui, au fur et à mesure où se dessinent ses antécédents et la pesanteur de son milieu familial.Une lecture bien sympathique, une vraie ambiance et l’envie d’accompagner le héros jusqu’au bout. Pas mal pour un début. » – Nicole G. (article publié sur Babelio)

« Prenez une dose de loufoquerie, un soupçon d’humour noir, un trait de faux road-movie, un personnage de loser bien senti, sans oublier la fameuse Pontiac Bonneville modèle 69, mélangez le tout avec une plume qui décape (un peu), et vous obtenez un roman décalé, enlevé et complètement déjanté, mais agréable à lire ! Il y a un côté très cinématographique dans l’histoire de ce personnage qui voit sa vie basculer suite à un malheureux concours de circonstances… De catastrophe en catastrophe, on pressent que ça finira mal pour lui. Mais on ne peut s’empêcher de le trouver sympathique, tant il est, disons-le, à côté de la plaque. Pendant la lecture j’ai parfois pensé au film The Voices de Marjane Satrapi (que je vous recommande, si vous avez l’estomac solide !), avec cet homme qui se met inévitablement dans de sales draps… J’ai une petite réserve sur la fin du livre, un peu rapidement expédiée, mais j’ai l’impression qu’on retrouve ce petit défaut chez pas mal de primo-romanciers, non ? » – Amélie Muller

« Décalé, isolé, le narrateur rêve sa vie plus qu’il ne la vit au volant de Bonneville, la Pontiac que son père lui a léguée, « modèle quatre portes sorti des chaînes en 1969, huit cylindres en V et plus de trois cents chevaux sous son long capot crème ». Sauf qu’à quarante-cinq ans, Bonneville a des rides dans le moteur et des silences au démarrage. Pour la réparer et enfin partir, il faut du fric. Quoi de plus simple pour en trouver que de forcer la portière d’une voiture de luxe ? Mais ce n’est pas une enveloppe pleine de billets qui se trouve dans la boîte à gants… Comme une farandole de dominos qui s’écroulerait dès que le premier est tombé, les morts se succèdent. Et toujours, Bonneville offre sa ligne impeccable aux rêves les plus improbables… C’était alléchant cette succession de meurtres provoqués dans la plus parfaite inconscience, avec une sorte d’innocence optimiste. Trop alléchant, peut-être ? Car je me suis plutôt ennuyée lors de cette lecture. Il m’a manqué la vivacité d’un Westlake, la fantaisie d’un Lansdale, le rythme d’un Léonard… L’histoire est originale mais la manière dont elle est traitée lui fait perdre pour moi, beaucoup de son intérêt. Je l’ai laborieusement lue et cela me laisse penser que l’écriture manque peut-être de fluidité, de légèreté, de ce je-ne-sais-quoi qui nous fait adhérer complètement à un univers et accéder à des émotions diverses. Bref je n’y ai pas trouvé mon compte mais cela ne doit en rien décourager les autres lecteurs car je suis persuadée qu’il y a là quelques petites choses auxquelles je n’ai pas été sensible. » – Sophie Gauthier

« L’auteur réussit à nous faire aimer ce jeune homme à tel point qu’on lui pardonnerait même ses méfaits. Plus comédie dramatique déjantée que chronique de la misère sociale, son roman est une sorte de road-movie à la française. Sauf que la voiture ne fait que sortir du garage, que la grande évasion se limite à une virée chez le boucher de la ville voisine et que le grand amour n’est qu’un fantasme, une charmante jeune fille à la poitrine généreuse qui poserait ses pieds nus sur le tableau de bord et qui s’appellerait Julia. » – nous dit Henri-Charles Dahlem sur son blog (lire son billet complet)

«  »Curieux », c’est le mot qui m’est d’emblée venu à l’idée pour qualifier « Bonneville », le premier roman de Laurent Saulnier.
Curieux parce que le personnage principal est une voiture. Oui, mais pas n’importe quelle voiture puisqu’il s’agit d’une Pontiac, sortie des ateliers de Détroit en 1969, une voiture de collection, donc. Curieux aussi le narrateur, second personnage principal, oui, on peut dire qu’il y en a deux. Son père lui a légué sa voiture, achetée sur un coup de tête. Bref, tout est curieux dans ce roman que j’ai pourtant lu facilement, rapidement et agréablement. Mais je digresse…
Il est vrai que cette voiture a de grandes qualités, huit cylindres en V, trois cents chevaux sous le capot et une jolie couleur crème. En un mot, ou en deux, elle est belle et puissante. Hélas, elle ne démarre plus et, pour la réparer il faudrait une somme d’argent conséquente. Quoi de plus simple, pour en trouver, que de tenter d’ouvrir d’autres voitures et de dérober le contenu de la boîte à gants. Oui, mais dans la vie, tout ne se passe pas toujours comme on le souhaite et une fois la porte d’une BMW forcée – alors qu’elle n’était pas fermée – on assiste à un véritable effet papillon… je n’en dirai pas plus…Il serait, en effet, bien dommage de déflorer une intrigue aussi bien troussée.
Curieux, je l’ai dit. Curieux parce qu’il se dégage de ce roman à la fois de la violence et une certaine légèreté. Curieux parce que le personnage du narrateur, coupable de nombreux méfaits, semble étranger à tout ce qu’il produit de négatif. Curieux parce que quelque peu machiavélique. Malgré tous ses méfaits, je me suis sentie en empathie totale avec cet homme jeune qui vit plus dans sa tête que dans la réalité. Sa fragilité, son ambiguïté, voire le type de pathologie mentale que l’on devine au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire en font un être à part, à protéger, à entourer. Le roman est bien construit qui nous amène petit à petit à entrer dans sa tête, à découvrir les raisons de ses actes, à comprendre la réalité – ou pas – des autres personnages. Je ne suis pas tombée en amour de ce récit à la première ligne mais au fil des pages j’ai ressenti quelque chose de profond, de fort et m’y suis attachée. Et, même si l’écriture de Laurent Saulnier ne m’a pas totalement convaincue, j’y ai trouvé suffisamment d’imagination, d’originalité, de noirceur aussi pour apprécier une histoire qui, pour foutraque qu’elle est, met en évidence le lien puissant qui unit l’auteur à ce conducteur de voiture à l’arrêt. La tendresse n’est pas loin. » – Geneviève Munier

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