Le Carré des Allemands – Jacques Richard

Fort, dérangeant, bouleversant, un choc… aucun des lecteurs n’est sorti tout à fait indemne de cette lecture percutante, parfois déroutante mais forcément marquante. Une question essentielle sur l’héritage, sur ce qu’un fils doit à son père fut-il un monstre…

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« Roman reçu et lu pour les 68 premières fois. Et un gros choc! Choc des mots d’abord! Si durs, si forts, si crus, si froids, et pourtant si beaux! Choc du thème. Moi qui suis toujours très intéressée, voire passionnée, par tout ce qui concerne la Deuxième Guerre mondiale, j’ai découvert avec ce premier (et court) roman de Jacques Richard, paru aux Editions de la Différence, un aspect plutôt inédit (bien que pressenti à de nombreuses reprises auparavant) de ce conflit et de la vie des hommes qui l’ont vécu, quel qu’ait été le côté où ils se trouvaient à ce moment-là. Choc de la construction également. Cinq tableaux. Deux voix (un fils et son père). Des paragraphes plus ou moins courts qui se renvoient l’un à l’autre comme une partie de ping-pong, qui s’éloignent, se trouvent, se re-trouvent aussi, qui se compètent sans jamais pourtant vraiment se comprendre. Mais est-ce seulement possible de comprendre ce qu’a fait l’un (le père)? Comment un fils peut-il arriver à se construire? à grandir dans de telles circonstances? C’est là, en substance, la question la plus lourde, la plus importante, la plus fondamentale sans doute que pose ce roman. Sa réponse, si tel est que l’auteur ait voulu en proposer une, en est une variante possible mais je n’en suis pas certaine. Je reste encore sous le choc de cette lecture brutale certes mais ô combien prenante, bouleversante et si riche d’enseignements. » – Martine G.

« Même le titre est lourd à assumer, “le Carré des Allemands, le journal d’un autre”. Un peu comme un signe volontaire pour dire: attention, lecture difficile. Ce n’est ni un livre pour rire, ni un livre dépaysant. C’est du sérieux et du lourd. En cinq carnets déroutants, c’est une lecture puissante, étrange, dérangeante, angoissante. Un fils tente de vivre dans la suite d’un père absent, en fuite, coupable très certainement du pire. Dans un inconfort total et scrutant les non-dits, il cherche la vérité du père, pose des questions impossibles et soupèse les silences et le poids de cet héritage dont il ne faut surtout pas pas parler. “Qu’a-t-il fait à la guerre, Papa ?” Superbe écriture dense et puissante, phrases courtes et incisives. Sommes nous responsables des actes de nos parents ? » – Martine Magnin

« En peu de pages, ce « Journal d’un autre » atteint une densité impressionnante et parvient à nous perforer de questions lancinantes, des questions auxquelles on ne sait ou ne veut répondre mais qui pourtant nous semblent essentielles. Du « je » qui porte la voix d’un fils on ne saura finalement que peu de choses, on ne saura rien de ce qui construit habituellement un personnage de fiction. Peu de choses hormis l’essentiel. Car c’est justement dans l’essence de l’être que les phrases dénudées creusent, fouillent, interrogent et s’enfoncent comme des lames dans un corps. Un fils. Un père depuis longtemps disparu, comme effacé, mais qui s’imprime dans chaque geste, dans chaque regard, dans chaque choix, qui se reflète dans le miroir où le narrateur traque les ressemblances. Un père qui s’est engagé dans la Waffen SS. En cinq carnets, son fils poursuit les traces de cette empreinte, redoutant de la trouver, persuadé de la trouver, coupable de la trouver. « La faute du père, tu sais, tu sais, ça écrase le fils. Le fils reprend la faute et la fuite du père. » La douleur fulgure dans cette quête impossible, dans la torture de ces interrogations obsédantes, dans les images qui hantent la mémoire d’un autre. Il faut alors trier, séparer, diviser ce qui appartient à l’histoire de l’un et ce qui construit l’histoire de l’autre. Mais est-ce possible ? Comment échapper à ce « fardeau partagé » qui opprime chaque moment du présent ? Comment ne pas prendre en charge la culpabilité d’un père dont la seule réponse fut le silence et la fuite ? Avec son écriture acérée, « Le Carré des Allemands » bouscule tous les conforts et contraint le lecteur à l’attention et au questionnement. Ça serre la gorge, ça bloque la respiration, ça continue de tenailler après la dernière page. Un premier roman saisissant ! » – Merlieux L’enchanteur

« Un livre étrange et déroutant et qui quand on a lu la dernière page, ce texte continue à hanter notre esprit. D’une belle écriture, simple, des chapitres courts. Pas de narration traditionnelle : une sorte de récit mais on ne sait pas qui nous parle. Plusieurs carnets, plusieurs époques, plusieurs personnages narrateurs ? Des pages qui nous parlent de violence, de recherche d’histoire familiale : qui est ce père qui a « abandonné » sa famille pour la guerre, mais était il dans le bon camp ? Qu’est ce que le bon camp d’ailleurs, une histoire de point de vue. Les textes nous parlent aussi de violence, et de maîtrise de cette violence de façon personnelle : des pages terribles sur des épisodes de meurtres institutionnalisés (deuxième guerre mondiale mais cela pourrait se passer sur n’importe quel champs de guerre, guerre internationale ou guerre civile). Cette violence humaine peut être induite par des guerres mais ce texte nous parle aussi d’une violence plus quotidienne : un enfant qui tue les oiseaux du jardin, un chat qui offre lui aussi un oiseau à son propriétaire.. Ce texte est donc très déroutant et je ne sais pas quel sentiment exprimé après cette lecture. Quelques indices, dont le titre, nous permettent de savoir qu’un homme essaie de connaître la vie de son père, qui s’était engagé dans l’armée allemande.. Lui semble vivre dans une cave, isolé, et qui n’a semble-t’il que la visite d’un chat de gouttière, bagarreur et violent. Il sort la nuit et déambule dans les rues de la ville. Un texte, qui pourrait être lu à haute voix, entraîne les lecteurs vers des questionnements individuels et collectifs face à la violence et à la banalité du mal. « Chacun s’est trouvé tout seul avant, pendant, après. Tout seul avec ce qui s’est passé, tout seul devant l’horreur. On est aussi seul quand on la commet que quand on la subit. » « Le rêve est une réalité dont nous croyons que nous pouvons sortir. » Merci beaucoup de m’avoir permis de lire ce premier roman-récit dans le cadre du challenge des 68premièresfois et hâte de lire d’autres ressentis face à cette lecture. » – Catherine Airaud

Et quelques chroniques publiées sur les blogs des lecteurs :

Noukette : http://aliasnoukette.fr/le-carre-des-allemands-journal-dun-autre-jacques-richard/

Sabine : http://lecarrejaune.canalblog.com/archives/2016/06/18/33982732.html

Anne : http://monpetitchapitre.over-blog.com/2016/09/le-carre-des-allemands-journal-d-un-autre-jacques-richard.html

Henri-Charles : https://collectiondelivres.wordpress.com/2016/08/24/le-carre-des-allemands/

Nathalie : http://eirenamg.canalblog.com/archives/2016/08/09/34171121.html

 

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