Les brasseurs de la ville – Evains Wêche

Coloré, poignant, remuant… ce premier roman est peut-être le plus dépaysant de la sélection, voyage en Haïti, voyage en pauvreté, voyage auquel tous les sens sont conviés. Les lecteurs n’en sont pas sortis indemnes…

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« Tout est bariolé, agité, mélangé dans ce premier roman stupéfiant ! De bout en bout, il révèle une maîtrise totale de l’écriture, de la construction, du lien entre le fond et la forme. Tout y fait sens, tout y résonne longtemps de vibrations sonores, visuelles et émotionnelles. Un voyage dont je suis revenue sonnée ! Survivre. Arpenter Port-au-Prince, s’y enfoncer comme dans un ventre qui héberge pour mieux exclure, s’y battre et s’y débattre pour gagner les quelques sous qui permettront de nourrir toute la famille, brasser la moiteur de l’air, brasser les corps, brasser les jobs, brasser les espoirs et les peurs, brasser le béton et embrasser les hommes, se « putaniser » à la mesure d’un pays qui sombre. Parents de cinq enfants, les deux narrateurs mélangent leurs voix dans une fusion amoureuse qui brasse aussi les points de vue. Lorsque leur fille aînée doit à son tour entrer dans cette course effrénée à la survie, il est tentant de se reposer sur sa beauté et sur ce qu’elle provoque chez les hommes. Mais n’est-ce pas un pacte avec le diable ? La pensée se déchire entre nécessité et remords. La raison et la folie, l’homme et la femme, l’intime et le collectif bousculent les lignes qui les séparent pour s’interpénétrer, se confondre, et les frontières entre bien et mal sont complètement brouillées jusqu’à devenir poreuses. L’amour et la tendresse, malmenés par la violence du quotidien, continuent pourtant de gouverner tant bien que mal les rapports familiaux. Jusqu’à quelle limite ? Chaude, chatoyante et pourtant précise, l’écriture donne à voir et à ressentir cette lutte de tous les instants, ce mouvement perpétuel des corps et l’idée obsédante d’un lendemain apaisé. Un sacré coup de cœur ! » – Merlieux L’enchanteur

« Couleur café, que j’aime ta couleur café… L’effet que ça fait ? Le premier roman d’Evains Wêche? Il est parfois difficile d’entrer dans l’univers d’un couple (qui se parle, se répond, nous prend à témoin), quel qu‘il soit, d’où qu’il soit. A fortiori quand ce couple dont ne connaît rien, donne sa perception de la vie qu’ils ont menée, et questionne les choix qu’ils ont fait, sous des latitudes qui nous sont peu familières. L’auteur, canadien d’origine haïtienne, nous embarque pour cette île de « toutes les catastrophes » (vive les cyclones et les tremblements de terre !) allégorie de la stratégie du choc chère à Naomi Klein, où (sur)vivent Elisée, sa femme et leurs 5 enfants, en attendant les milliards de dollars d’aide promis par le voisin américain. C’est d’abord la femme qui s’adresse à l’homme qu’elle a aimé passionnément (« elle, qui a préféré par amour un sans-abri à un officier de l’armée ») et dont elle a eu 3 garçons et 2 filles. Elle refait le film de leur histoire, raconte le quotidien, l’interprète, se justifie. L’homme, parfois lui répond, tente de comprendre comment et pourquoi ils en sont arrivés là. Je conseille personnellement de dépasser les 30 premières pages pour s’engouffrer ensuite dans l’intimité la plus secrète des personnages hauts en couleur, s’ouvrir à eux, les regarder vivre au cœur des quartiers pauvres de Port-au-Prince, assujettis à la religion catholique, prêts à tout pour sortir de leur condition. Haïti (« c’est chaque jour le carnaval ») sa capitale, ville de bruits et de fureur, en prise avec ses « wangas » (démons), ses » loas » (fétiches) et ses « Bókó » (sorciers) où, « le sexe est la voie la plus sûre pour quitter ce pays » à moins de devenir une manman Bouzen » (vieille pute) au milieu des « zenglendos » (voleurs) et échapper aux « cocomacaques » (matraques des tontons-macoute). Je ne dirai rien de tous les personnages qu’on croise au cours de cette histoire, mais leur trajectoire est à l’image de l’état du pays. La 4e de couverture évoque une écriture « jazzée ». Pour ma part, je la qualifierais de syncopée, fleuretant parfois avec une forme de naïveté, due sans doute à l’origine du nom d’Haïti-Thomas en référence à Saint-Thomas, le patron des incrédules. » – Cécile Rol-Tanguy

Et quelques chroniques publiées sur les blogs des lecteurs :

Henri-Charles :https://collectiondelivres.wordpress.com/2016/04/23/les-brasseurs-de-la-ville/

Nicole : http://www.motspourmots.fr/2016/04/les-brasseurs-de-la-ville-evains-weche.html

Lydie :https://mesexperiencesautourdeslivres.wordpress.com/2016/05/20/les-brasseurs-de-la-ville-evains-wenche/

Virginie Vertigo :http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2016/05/29/33881315.html

Régine : https://lirecestlibreblog.wordpress.com/2016/06/08/les-brasseurs-de-la-ville-evains-weche-regine/

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