Jupe et pantalon – Julie Moulin

Julie Moulin a pris l’expression « écouter son corps » au pied de la lettre au risque de déstabiliser les lecteurs en leur offrant comme point d’entrée le point de vue des jambes d’Agathe, Marguerite et Mirabelle… Pari gagné on dirait !

jupe

« Corps au bord de la crise de nerfs Il ne m’a pas fallu trois pages pour me laisser convaincre par Mirabelle et Marguerite de les suivre dans cette course folle qu’elles mènent dans la vie d’A., avec Brice, Boris et Camille. Vous avez du mal à me suivre ? C’est pourtant simple ! Mirabelle et Marguerite sont les deux jambes d’A. Brice et Boris, ses deux bras. Camille, son cerveau. Ah, j’oubliais, il y a aussi Babette, ses fesses ! Dans la première partie de ce roman étonnant et ambitieux, A. n’a pas vraiment la parole. Ce que l’on sait d’elle, c’est qu’elle a deux jeunes enfants, qu’elle rentre de congé maternité et qu’elle a un poste important pour lequel elle doit sans cesse faire ses preuves, et que Paul, son compagnon, la regarde de plus en plus comme si c’était une étrangère. Ce que l’on apprend sur elle nous est raconté par Marguerite et Mirabelle, ses jambes, donc, qui ne parviennent plus à suivre le rythme effréné de la vie d’A. Désordre intérieur, rappel à l’ordre d’un corps qui ne répond plus au cerveau, fatigue, épisodes de crises nerveuses, et pour finir, le corps qui dit stop et qui paralyse tout le reste. Sur un ton faussement léger, à travers les incartades de ces deux effrontées qui semblent n’en faire qu’à leur tête, au grand désespoir du cerveau d’A., l’auteure nous amène à la deuxième partie du roman, où Agathe reprend la parole et tente de se sortir de ce mauvais pas. Burn-out, surmenage, dépression, symboles de nos sociétés où tout doit aller vite et où les femmes ont encore plus à prouver dès lors qu’elles sont mères, sont traités dans ce roman avec une rare originalité et un ton qui ne laisse pas indifférent. Sous ses airs de légèreté et de chronique de la vie trépidante d’une trentenaire cadre dynamique et mère de famille, Jupe et pantalon interroge notre rapport au corps, et la façon dont nous écoutons (ou pas) ce qu’il a à nous dire. » – Amélie Muller

« Très original. En fait “jupe et pantalon” de Julie Moulin aux éditions Alma, prend les problèmes rencontrés par presque toutes les femmes à “contre-pied”. D’une manière classique, on pourrait dire que notre cerveau, dans lequel nous chargeons projets, personnalité, psychisme, morale, affect, volonté, etc.., donc notre cerveau, serait le leader chef de notre vie et de notre moi physique: notre corps et notre âme. Et nous menons notre vie en espérant que rien ne viendra gripper dans notre machinerie personnelle. Ici , c’est l’inverse, les jambes, les bras, les fesses, prennent la parole, sans pudeur et sans limite, et deviennent les acteurs complices et critiques du corps global et du cerveau d’Agathe, cadre débordée et jeune mère épuisée, au bord du burn-out. C’est donc une hypothèse plus intéressante qu’il n’y parait d’abord, puisque qu’elle nous propose de faire attention aux signaux plus ou moins clairs que notre corps nous envoie. Un peu lent parfois, mais un texte séduisant et très original. » – Martine Magnin

« Un vrai premier roman, à la fois inventif et profond.
La première partie raconte avec drôlerie la vie d’A., jeune femme pleine d’avenir, de sa naissance à sa défaillance, Drôle, car ce sont les jambes, les bras, les fesses et le cerveau d’A., chacun personnifié, qui nous racontent ses déboires. Dans ce corps, chacun s’acquitte du mieux qu’il peut de sa tâche, pour faire tenir debout et garder la cohérence de cette mère de famille débordée-cadre dynamique épuisée-amante délaissée.
La deuxième partie est plus classique dans son style. Agathe reprend la parole. Victime d’un surmenage, elle a craqué. Comment concilier enfants, travail et vie de couple, sans rien sacrifier, et surtout pas la personne qu’on est à l’intérieur ? On assiste au cheminement d’Agathe, à sa quête de sens. Quelle nouvelle femme naitra de cette recherche ?
La question du corps est au centre du roman et des problématiques sociétales : le corps contraint, nié, vêtu, maltraité et pourtant essentiel, au sens propre comme au figuré. C’est un roman plein de sensibilité qui, sous des dehors légers, interpelle sur la place et la représentation actuelles de la femme en France. Le thème a des similitudes avec celui de Brillante, mais j’ai nettement préféré Jupe et pantalon. » – Adèle Binks
Et quelques chroniques publiées sur les blogs des lecteurs :
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