Rien que des mots – Adeline Fleury

C’est un cauchemar pour tout lecteur qui se respecte, la disparition des livres, qui tient lieu de contexte à la fable futuriste que nous livre l’auteure dans un avenir qu’il nous est tout à fait possible d’imaginer. Les lecteurs ont frémi…

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« Adeline Fleury nous entraîne dans une fable futuriste, magnifique déclaration d’amour aux livres. L’histoire se déroule jusque dans les années 2035 où le livre-papier a quasiment disparu, victime d’autodafé, au profit de liseuses numériques. Journaliste mariée à un écrivain, hantée par un père obsédé par l’écriture, Adèle refuse que son fils Nino suive cette lignée de lettrés et qu’il soit, lui aussi, enfermé dans cette vie dédiée à l’écriture au point d’en oublier de vivre. Elle décide donc qu’il n’aura aucun accès possible à la lecture. Elle quitte son travail pour s’occuper exclusivement de son fils, entretient une relation fusionnelle avec lui dont sera totalement exclu son mari Hugo. Quelque part, Adèle ne fait que reproduire le schéma parental tant abhorré. Elle pense bien faire pour son fils mais sombre inexorablement dans une folie destructrice entraînant Hugo avec elle. Le petit garçon sent très vite que quelque chose ne va pas. « Je sais que ce n’est pas normal, mais bon, c’est comme ça, elle n’est pas normale non plus maman. Et moi, je ne suis pas un petit garçon comme les autres ». Nino s’est attaché au seul être vivant « normal » de son entourage, son chat qui malheureusement meurt au lendemain des 10 ans du jeune garçon. Il décide alors de fuir cet univers toxique en se rapprochant de ce que sa mère avait en vain essayé de lui cacher. J’ai beaucoup apprécié l’originalité et la force de ce roman ainsi que la fluidité du récit. En revanche, le côté science-fiction m’a un peu dérangée. Je n’ai pas trouvé qu’il serve particulièrement le propos de l’auteur. Peut-être m’a-t-il tout simplement mis mal à l’aise?…. » – Marie-Laure Tournet

Amies lectrices, amis lecteurs, avez-vous déjà culpabilisé de préférer poursuivre votre lecture plutôt que de préparer le repas ou plutôt que de faire une partie de « 1000 bornes » avec la chair de votre chair, le sang de votre sang ? Ces mots posés sur le papier, réunis en histoires, agglomérés en plongées dans un monde juxtaposé au réel sont-ils une prison ou le seul moyen d’accéder à la liberté ? Grilles ou appels d’air ?
Adèle, l’une des narratrices du roman d’Adeline Fleury, a subi les contrecoups de cette addiction à la « chose écrite ». Délaissée par son père, écrivain uniquement occupé d’écriture, elle est devenue journaliste, transformant ainsi le monde en mots, et a épousé Hugo, écrivain-poète enfermé entre les pages qu’il crée et celles qu’il lit. Mais lorsque naît Nino, son fils, elle décide de lui offrir un monde sans le filtre des mots, un monde sans livre, sans lecture, sans écrits. Et sa décision arrive juste au moment où La Grande Numérisation fait disparaître en de gigantesques autodafés toutes les oeuvres imprimées. L’écrit devient immatériel, rangé au même titre que les milliards d’informations qui transitent par le virtuel. Nino grandit donc confiné dans l’amour de sa mère, en ignorant ce que font son grand-père et son père lorsqu’ils se retirent dans leurs chambres d’écriture. Par périodes de cinq ans, il nous raconte, en alternance avec Adèle, ses découvertes, ses interrogations, ses remises en question et les mystères qu’il pressent sans en avoir forcément conscience. Mais, comme souvent dans les romans, l’émancipation passe par des mots écrits par d’autres à d’autres époques et qui viennent irriguer l’existence de ceux qui sont sensibles à leur musique. En se déliant du pacte conclu à son insu par sa mère, Nino se délivre et délivre les livres…
C’est un roman un peu foutraque, un peu bancal, un peu maladroit, souvent peu crédible, avec une construction parfois un peu fragile, mais qui dégage une telle énergie vivifiante qu’il laisse une impression réjouissante. Adeline Fleury rend un bel hommage aux livres en faisant preuve d’une sacrée lucidité aussi bien à propos de la numérisation que de la glaciation de la langue. La figure de l’écrivain, tâcheron ventousé à sa page et à son clavier (ou à son stylo), s’esquisse de manière touchante, compatissante et juste. Un jour, une auteure m’a confié que ses enfants détestaient le moment où elle écrivait car elle n’était plus disponible pour personne et ils ne le supportaient pas. A croire que le roman d’Adeline Fleury c’est du vécu ! – Merlieux l’enchanteur.
Et les chroniques parues sur les blogs des lecteurs :

 

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