De ce pas – Caroline Broué

La danse comme une métaphore de la vie… Gracieux est un adjectif qui revient souvent chez les lecteurs pour qualifier ce livre élégant, histoire d’une quête de soi avec des épisodes qui sont autant de tableaux d’un ballet.

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« Un roman comme un ballet pour raconter l’histoire de Justine, de Marjorie, de Paul; pour raconter l’acceptation du passé afin de voir arriver l’avenir sereinement; pour construire son présent. Justine, vieille dame juive, a eu son destin fracassé un matin 1944 quand, petite fille, elle a été sauvée alors que sa mère disparaissait pour toujours. Paul a vu s’écrouler la quiétude familiale quand il a compris que son père avait abusé de sa grande soeur. Tin a vu son destin basculer quand sa mère et elle ont quitté Phnom Penh envahi par les Kkmers rouges et que son père y est disparu quelques jours plus tard. Marjorie, au mitan de sa vie, tisse une toile entre ces histoires, essaie de construire sa vie, essaie de se trouver, entre silences et dénis. Ce roman est un roman d’initiation : que faire de son passé quand il est douloureux et insupportable ? Comment laisser partir les fantômes sans disparaître soi-même ? Il provoque une réflexion personnelle tout en douceur, à petits pas de rats d’opéras. Ecrit en si bémol, il laisse du temps au temps. Chaque personnage mettra des années à atteindre l’acceptation. Sur un air de valse lente, les personnages ont le temps de se construire dans le tourbillon de la vie. Comme dans un ballet de Carolyn Carlson, chacun avance, entre andante et allegro, entre pas glissés et entrechats, jusqu’à triompher de la souffrance. J’ai ressenti beaucoup de tendresse pour chacun des personnages, tellement empêtrés dans leurs doutes et leurs contradictions. La forme sert le fond : un découpage narratif qui permet à l’histoire d’avancer grâce à des retours en arrière; un style soigné; et la danse, omniprésente, comme une métaphore de la vie. Un beau moment de lecture, léger et puissant. »- Enell (Nicole)

« En lisant ce premier roman, il m’a semblé voir une chorégraphie contemporaine tant la construction et la narration jouent avec les composantes essentielles de la danse. L’histoire peut en sembler banale si l’on s’en tient à son squelette : un couple, Marjorie et Paul, elle danseuse-étoile, lui photographe, qui après s’être aimés passionnément laissent les douleurs refoulées de l’enfance envahir leur « potentialité de vie ». Mais à ce squelette, Caroline Broué vient délicatement ajouter la chair, le coeur, les muscles et le sang pour offrir au lecteur un roman d’une grâce aérienne qui combine ce que la danse met en jeu : espace – temps – mouvement – corps.
Espaces géographique et intérieur dans lesquels s’inscrivent les déplacements des personnages, de Phnom Penh à Montaren, petit village d’Ardèche, de l’Afrique du Sud à New-York, mais aussi l’évolution de leurs relations et de leur présence au monde. Tin à Phnom Penh avec ses parents devient Marjorie à Paris avec Paul. Jérôme s’approprie les mots et donc la vie de quelqu’un d’autre. Paul délaisse son meilleur ami avant de revenir vers lui. Rapprochement-éloignement, fusion-séparation, isolement-attachement dessinent des courbes et des trajectoires où chacun « naît, meurt, puis renaît, chute, va de l’avant, tombe et se relève ».
Les rebonds temporels ajoutent encore à « l’électricité des échanges et des existences qui se croisent ». Ce temps qui n’a pas fait tomber dans l’oubli la disparition d’un père ou sa déchéance et qui, brutalement, ramène à la conscience tous les dénis, tous les compromis, ceux que Marjorie et Paul ont voulu oublier mais qui reviennent en force au moment où ils deviennent parents à leur tour. Que vont-ils transmettre à Eléna leur fille si eux-mêmes ne sont pas en paix avec leur propre histoire, avec leur propre famille ? De ce « sans », de ce « pas », Justine, la vieille amie de Marjorie a su faire une pleine existence, une existence sans peur et qui ne craint pas de détruire pour mieux construire.
Un très, très joli roman qui mérite que l’on s’y attarde et qui apporte « la douceur dans la violence du monde » – Merlieux l’enchanteur (Sophie)
Et quelques chroniques sur les blogs des lecteurs :
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