Une famille normale – Garance Meillon

Que se cache-t-il sous l’apparente normalité d’une famille banale ? Garance Meillon tend au lecteur un drôle de miroir qui surprend souvent et ne laisse pas indifférent.

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« La mère s’appelle Cassiopée, le père Damien, ils ont une fille de 16 ans, Lucie, et un fils de 13, Benjamin. Cette famille-là, c’est une famille normale.
Normal ? Qui parmi ces quatre êtres tourmentés peut prétendre l’être tout-à-fait ?
Dès le premier chapitre s’installe un climat de tragédie. Cassiopée vient de perdre sa mère, celle qui lui a donné ce prénom, d’une reine assassinée par un dieu grec. Cassiopée, au fil des années, s’est construit un rempart de rituels, se protégeant de toute émotion. Elle a mis la vie de la famille sous contrôle permanent. Damien, c’est l’incarnation de l’amour conjugal le plus pur et le plus désintéressé, mélange de naïveté et d’incompréhension. Lucie est à l’âge des révoltes et des fuites. Audacieuse et imprudente, elle tente d’échapper à l’emprise de cette famille à la fois étouffante et lointaine. Benjamin est à peine présent sur Terre, il attend le grand voyage vers les étoiles et le monde de l’adolescence.
L’auteure construit un prodigieux récit à quatre voix, le ton de chacun est juste, l’histoire est vivante, le style limpide, avec toujours les mots qu’il faut, pour nous faire partager le ressenti de chaque personnage.
Qu’est-ce qui cloche dans cette famille ? En apparence, c’est une famille ordinaire, mais leurs petites bizarreries font croître la tension, jusqu’à la certitude que cette histoire va mal finir.
Mais n’est-ce pas aussi le talent de l’auteure de transformer en extraordinaire ce qui n’est finalement que la vie banale de nos familles ? Et VOUS, êtes-vous bien certains que VOTRE famille est NORMALE ?
Et à dix pages de la fin, quelques mots, comme écrits pour moi : « Où étais-je pendant sa chute, et comment avais-je fait pour ne pas le ressentir moi-même, pour ne pas avoir l’intuition physique que mon fils était en train de tomber ? Une mère devrait porter constamment ses enfants dans ses tripes. »
Ce livre est pour moi LE coup de coeur des 68 (jusqu’au suivant ! 🙂 ) » – Adèle Binks
 « Je m’interroge…J’irai voir ce que vous en pensez après avoir publié ma chronique. Quitte ensuite à argumenter, réexaminer mes positions. Qui sait? Que (me) restera-t-t-il de cette histoire d’une « famille normale », d’ici quelques temps, une fois le livre refermé ? J’ose le dire (et l’affirmer) en ce qui me concerne : pas grand chose ! Est-ce dû à ce titre un peu bateau voire caricatural qui n’encourage en rien à se plonger dans l’histoire de ce couple, semblable à un n’importe quel autre couple (Cassiopé et Damien) et de leurs deux enfants (Lucie 16 ans et Benjamin 13 ans) ? Ou bien, faut-il mettre cela sur le compte du registre de langue, identique, indistinct et sans aspérité, quel que soit le narrateur, qu’il soit cet homme éperdument amoureux de sa femme Cassiopé, cette femme, déstabilisée par la mort de sa mère, ou encore, chacun des 2 enfants qui vivent leur vie d’enfant Pour autant, chaque lecteur (lectrice) est en droit de s’y reconnaître, voire de s’identifier et de partager tous ces sentiments qui affleurent ici ou là, selon ce que chacun vit, de son côté ou ensemble. Car, qui n’a pas traversé, à un moment donné ou à un autre de sa vie de couple, une crise du sentiment amoureux, l’apparition de questions « existentielles »?. Qui, pour ceux qui vivent aux côtés d’ados, n’a pas été confronté au malaise de l’un d’entre eux? Qui enfin, n’a pas, à la mort d’un proche (père ou mère) cherché à s’interroger sur la transmission, les liens familiaux? ;  Etc…etc…etc Garance Meillon fait le choix de donner d’abord la parole à Cassiopé puis alternativement, à Damien, à Lucie et à Benjamin. Elle nous permet, par ce biais de nous faire partager leur vision respective du quotidien, d’embrasser leur vécu comme dirait un sociologue. Mais ici, les 4 voix s’interpénètrent sans jamais vraiment s’écouter, ni se répondre. C’est dommage et un léger sentiment de vacuité domine, sans jamais atteindre la plénitude à laquelle pourtant, la fin du livre, aurait pu (dû?) nous envelopper. » – Cécile Rol-Tanguy
Et quelques chroniques des blogueurs/lecteurs :
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